Passionnée de littérature (celle dont on dit qu’elle vient des tripes), me suis tartiné toute la série de "A la Recherche..." du très fébrile Proust puis une partie des livres majeurs du très couillu LF Céline.
Pour le 1er, je me suis dit à la fin, que l’auteur eut pu raconter son temps perdu puis retrouvé en 3 voire 4 tomes seulement. Une bonne partie de sa série s’apparente pour moi à beaucoup de délayage. Pour autant, l’on s’incline indiscutablement sur un évident talent proustien qui analyse au laser les us et coutumes faux-cul et engoncées des bourgeois de son temps. Toute la série est émaillée de sous-entendus sur la pédérastie et les moeurs très légères de très jeunes vraisemblablement très tendances dans ces milieux bourgeois où s’emmerder est l’essence même de cette catégorie sociale qui n’a évidemment pas besoin d’aller trimer pour bouffer.
Me suis demandée pourquoi, après avoir été refusé à plusieurs reprises par les éditeurs phares de l’époque, le souffreteux Marcel avait fini par se faire éditer. L’article ci-dessus m’apporte un éclairage... Le sous-entendu des ces mœurs discutables étaient-ils in fine le signal du début de ce qui allait occuper une partie de la littérature française ? Ce lent glissement vers un total relâchement qui allait aboutir presque "naturellement" à la publication dès les années 50 d’une "nouvelle littérature" où des auteur(e)s allaient pouvoir se lâcher en étant assurés d’être publiés... ?
A l’autre bout du spectre littéraire de cette période, une grande gueule particulièrement crue et couillue surgissait... Destouches, alias Céline, allait balancer de la bombe à l’encre très noire et piquante dans le landernau de la "bonne littérature". Du pré Audiard, la voiture bélier en rab, vint exploser le prout-prout proustien. Les conséquences ne traînèrent pas.
Les uns crièrent au génie, d’autre s’étranglèrent. Pourtant, entre l’ennui palpable d’un Marcel qui errait dans ses journées bourges et qui ne trouva rien d’autre que de nous décrire ses contemporains par le menu ; et le "cru et dru" d’un Céline qui osa dire ouvertement ce qu’il observait à tous les niveaux de la décomposition débutante de la société moderne occidentale, le choix est vite fait pour qui a cessé de garder les "eyes wide shut" !
Il semble bien, effectivement, que la dégénérescence comportementale, le "sans limite" ait eu besoin de la littérature moderne pour "travailler" les esprits et faire en sorte qu’aujourd’hui cela passe-crème...