Le Monde, la Pravda française, reproche à Bolloré de "peser sur l’élection présidentielle"
18 novembre 2021 19:11, par Chabot C’est intolérable. On attaque.
Bien, monsieur le Directeur. Mais comment ?
Comme si vous ne le saviez pas !, depuis le temps que vous travaillez au journal !
Oui, bien sûr, mais j’aimerais quelques lignes directrices, pour ne pas me faire taper sur les doigts...
On ne se fait pas journaliste si on a les doigts fragiles. Vous pointerez les origines bretonnes de Bolloré. Ca fait identitaire, pas vraiment républicain, donc suspect.
Pour équilibrer, est-ce que je peux évoquer la grand-mère Goldschmidt ?
Non, jamais ! êtes-vous fou ou folle ? N’essayez pas d’être subtil ! Ce n’est pas à vous de décider de ces choses.
Bien, Monsieur le Directeur, je disais ça comme ça.
Je reconnais votre zèle. Mais l’heure n’est pas à finasser. Vous mentionnerez aussi les curés intégraux.
Intégristes ?
Euh, oui, comme vous dites. Et n’oubliez pas de chercher deux ou trois noms bien compromettants, par exemple, tenez, servez-vous des fiches des Archives.
... Degrelle, euh, c’est vieux, ça.
Non, ça marche toujours ! Vous ajouterez Renaud Camus, le verbo-terroriste, qui prétend qu’il y a un grand remplacement en Europe.
Je ne sais pas s’il faut parler du commando Kieffer et de la campagne de Normandie...
Vous pouvez. Ca mettra une claque aux résidus gaullistes. Et n’oubliez pas, il ne s’agit pas seulement de dézing..., euh, je veux dire, d’analyser objectivement une situation pour nos chers lecteurs. Il s’agit de montrer comment la bête immonde se tapit auprès d’un homme riche et donc influent. C’est le sujet d’étude qui justifie notre mission, nous vaut la faveur des élites et le support de nos financiers (dont, je vous le rappelle, dépend votre salaire).
Je vais ajouter cet abbé Timonde. Mais Renaud Camus n’a pas l’air d’avoir servi dans le même régiment que ce Degrelle...
Il l’aurait fait, soyez-en sûr, si les circonstances l’eussent permis.
Peut-être que glisser une petite histoire salace...
Ne vous mêlez pas de ça, j’en discuterai en privé avec nos jeunes stagiaires. Bref, vous avez bien compris, des épouvantails et des sous-entendus. N’omettez pas "fascisme", ça booste.
Ne craignez-vous pas, monsieur le Directeur, que nos lecteurs ne trouvent le ton du dossier un peu forcé ?
Voyons, vous savez comme l’intelligence a baissé en France depuis quarante ans.
Oh, oui, Monsieur le Ré-Directeur...
Et ne bavez plus sur le tapis, ça fait Gilet Jaune.