Maître Viguier, je proteste contre l’appellation que vous donnez à ces personnes : "ce sont des Polonais ou des Russes". Je "chipote" je le sais, mais cela me heurte continuellement. Ces gens ont certes vécu durant plusieurs siècles sur le territoire de mon pays, la Pologne, à l’abri de l’un des piliers de la civilisation polonaise qu’était sa tolérance inégalée, profitant – alors qu’ils étaient, ou se considéraient persécutés presque partout –, de l’extraordinaire protection et liberté qu’offrait la monarchie polonaise puis le système de gouvernement unique de la Pologne (république nobiliaire).
Or, dans leur immense majorité, ces gens (hormis quelques exceptions, notables, mais exceptions quand même), ne se sont JAMAIS eux-mêmes considérés comme des Polonais, tant et si bien qu’ils furent souvent les premiers à soutenir les envahisseurs de mon pays, tout en étant souvent le plus hostiles à sa renaissance (lors d’innombrables insurrections nationales ou, par exemple, en 1918 ou en 1939-41).
Oh, je ne sais que trop bien que selon eux, la faute entière de cette situation (leur aliénation et leur refus majoritaire de faire communauté) repose uniquement sur les Polonais, mais ce n’est objectivement pas vrai, tant et si bien que des livres entiers furent écrits au sein de ma nation pour se demander : qu’avons-nous fait au juste pour mériter tant d’ingratitude ?
Ils ont vécu EN Pologne, nuance importante, puis en Russie lorsque cette dernière prit des territoires de la Couronne polonaise. Dire qu’il s’agit de Polonais ou de Russes est inexact (même de leur propre point de vue) et constitue un raccourci.
Quant à leur rapport aux nations-hôtes, il est souvent similaire, et vous pouvez l’observer également en France à travers le temps.