Pour en être, du monde soit disant saigné à blanc, je souhaite apporter une certaine nuance au propos en vigueur à l’heure actuelle, qui consiste à faire croire que la majorité des gens repositionne son mode de consommation.
Certes, un supermarché va chercher à acheter au meilleur prix, à rogner sur la marge du producteur, voire tout simplement à acheter à perte, quitte à perdre ce producteur et à le remplacer. C’est un fait.
Mais il ne faut pas croire non plus que le consommateur est toujours la grande victime d’un complot. La majorité des problèmes rencontrés aujourd’hui (tomates déguelasses, produits de faible qualité, pleins d’eau...) par le consommateur un tant soit peu averti est dû à ses habitudes de consommation (veut un produit qui se conserve, veut pouvoir tripoter avant d’acheter, veut du hors saison, veut un grand choix à l’étalage...) Toutes ces habitudes conduisent, à terme, à la division du marché :
D’un côté, le tout venant
De l’autre, le produit d’exception (terroir)
Et pour être maraîcher spécialisé, je peux vous dire la difficulté a écouler une marchandise de terroir, de grande qualité gustative et organoleptique, sans proposer "tout de même", une large gamme de produits qui n’ont aucun rapport avec la réalité de mon terroir...
Pour en revenir à nos supermarchés, je pense qu’une grande part de leur baisse de `CA est dûe à la montée en puissance des discounteurs, à la baisse globale du pouvoir d’achat (un bon caddie de supermarché avec des produits corrects pour une famille de 5 personnes, c’est 250e par semaine, contre 120-130 chez un discounter). Leur modèle économique (structure verticale coûteuse, rémunération élevée du personnel, déco, mise en place etc) ne leur permet pas de lutter vs discounter (multi-usage du personnel à structure fortement horizontale, pas de déco, peu de références etc). Le seul virage qui peut être pris, est de proposer de la "qualité", du "terroir" (cf carrefour planet)... Mais quid du pouvoir d’achat ?