Michéa peut être très bon quand il remet en place les généalogies de cette gauche moderne mais il ne faut pas se tromper, sous couvert de valoriser un certain "conservatisme" anti-progressiste, on peut voir des piques adressées contre lui, comme (extrait de son dernier livre "Notre ennemi, la Capital") :
"C’est alors seulement que l’on pourra recommencer à comprendre que le libéralisme économique d’Adam Smith, de Turgot ou de Voltaire, loin de prendre sa source dans la pensée "réactionnaire" d’un Bossuet ou d’un Filmer, trouve en réalité son prolongement philosophique le plus naturel dans le libéralisme politique et culturel des lumières (dont je ne songe évidemment pas à nier un seul instant les nombreux aspects émancipateurs, notamment partout où sévit encore un système patriarcal et théocratique)...
Le gusse, il veut bien quitter les rivages de la gauche, critiquer ses anciens amis, leurs pensées, faux-semblants, hypocrisies et mensonges mais ça reste encore un peu compliqué pour lui de passer le Rubycon et de rejoindre franchement la berge d’une opposition au système économique, culturel et moral actuel, quitte à revenir sur des conceptions renouvelées du passé. Un genre de Onfray bis (sans ses outrances antichrétiennes), même s’il est nettement plus pertinent et agréable à lire.