L’obsolescence programmée existe. J’ai été sollicité par une multinationale pour fragiliser certaines pièces d’une machine "increvable", et prévoir une maintenance aisée par le même constructeur.
L’obsolescence programmée peut prendre plusieurs formes.
Soit un élément est fragilisé mais réparable et dans ce cas cela augmente les profits du SAV.
Soit le dommage n’est pas réparable et le remplacement complet est indispensable.
L’outil principal est l’étude poussée de la durée de vie et du temps moyen de bon fonctionnement qui sont permis aujourd’hui avec les moyens modernes de calcul. Pour les systèmes sensibles qui ne doivent pas tomber en panne car les conséquences seraient catastrophiques, on met les moyens nécessaires et on y arrive assez bien. Par exemple les machines spéciales de production qui n’existent qu’en un seul exemplaire dans une usine.
Pour les équipements non stratégiques voire grand public, la méthode dépend aussi de la taille du marché.
* Si, le marché est très important et international, les études précédentes sont rentables. Les accords entre multinationales sont aussi possibles pour utiliser les mêmes procédés. Par exemple l’électroménager et l’automobile.
* Si un petit constructeur honnête produit des systèmes de qualité, il va rencontrer deux difficultés :
1 - Il n’aura pas la structure nécessaire pour s’attaquer à ce marché international.
2 - La guerre des prix va lui faire perdre des clients. Il ne pourra travailler qu’avec les clients locaux qui apprécient cette qualité.
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Michelin sait faire depuis très longtemps des pneumatiques inusables. Mais il faut pousser les automobilistes à retourner au garage régulièrement.
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L’intelligence n’est pas une qualité, mais un simple outil au service de la morale. Et quand la morale est celle du profit maximal, l’intelligence est au service de l’escroquerie.