Je pense que la décision de la cour européenne des droits de l’homme va au dessus du cas de Vincent Lambert dont je me félicite que les soins auxquels il a droit seront maintenus.
Si l’on observe une amélioration des capacités de Vincent, en revanche, je m’inquiète des cas d’Alzheimer.
En effet, cette maladie est dégénérative et il n’y a aucune chance que le malade guérisse à moins de ralentir le processus, mais tout n’est pas QUE médical. C’est une lente pente qui vous prive de votre mémoire, puis de vos capacités motrices, y compris pour des gestes simples comme manger.
Mais, la personne perd-elle totallement conscience ?
Il y a une démence liée à la perte mémorielle. Vous oubliez ce que l’on vous a dit il y a 5 minutes.
Face à cette perte de mémoire que certains cas nient et d’autres admettent, le malade se sent vunérable. Tout changement est ressenti comme un danger pour lui, et seul la constance, comme voir régulièrement des visages familiers qui en même temps le rassure aident à se sentir en sécurité. Ce qui peut expliquer les changement de personnalité. Ces conditions sont indispensables afin de ralentir ce processus.
Là où il y a danger pour ces personnes, c’est la tentation de la famille de mettre un terme à sa vie en prétendant "qu’il n’aurait pas aimé se voir ainsi aussi dépendant". Vincent Lambert au contraire de ces malades n’est pas dans une dégénésence.
Or, la vraie vie en société, c’est que l’on a aussi besoin l’un de l’autre malgré soi.
Le malade d’Alzheimer finit de toute manière par mourir.
Va-t-on alors établir pour ces malades un seuil trop prématuré où l’on pourra mettre un terme à leur vie sous prétexte d’acharnement thérapeuthique alors que la loi Leonétti l’encadre pourtant ?
J’ai une pensée le très grand Omar Sharif, grand joueur de bridge et amoureux des chevaux devant l’Éternel, lui aussi atteint.