L’Inde menacée de sanctions par les Etats-Unis
16 mars 2012 22:47, par la sieste tricolor
IV/La cause de la dégradation : la méthode du filtrage vers le bas
Mais qu’arriva-t-il en Inde ? Les missionnaires chrétiens étrangers protestaient même contre l’attribution de cent mille roupies, affectées nominalement à l’éducation des Indiens. Les Britanniques diminuaient les ressources financières et introduisaient l’une après l’autre des règles telles que : « Il doit y avoir une maison “pucca” », etc. C’était sans fin. Ils invitèrent alors T.B Macaulay [1] à décider comment utiliser l’argent et à déterminer le vecteur et le mode d’éducation des Indiens. Macaulay fit de l’anglais le véhicule de l’instruction et consacra l’argent à une éducation de type anglais. G.D. Trevelyan écrit dans sa « Vie de Lord Macaulay » ( vol.1 p.164 ) « Une nouvelle Inde est née en 1835 ». Là où Alexandre, Ashoka et les missionnaires occidentaux avaient échoué, les dispositions de Macaulay concernant l’éducation allaient réussir, en décrétant que l’éducation en Inde se ferait à travers l’anglais, le langage de l’Occident. « Les fondations mêmes de leur ancienne civilisation commencèrent à osciller. Pilier après pilier, l’édifice en vint à s’écrouler ». Mais Macaulay prit une mesure encore plus pernicieuse, qui est généralement ignorée. Il adopta la « méthode du filtrage vers le bas » pour éduquer les Indiens. Quelle est cette méthode ? Les Indiens étaient nombreux et les Anglais seulement une poignée : tel était le problème auquel Macaulay se trouvait confronté. Comment les Anglais allaient-ils éduquer les Indiens ? Comment affaiblir cette nation suffisamment pour que, dans l’oubli d’elle-même, elle en vienne à soutenir le Raj Britannique ?
L’histoire raconte que, lors de l’un de ses séjours dans sa résidence d’Ooty, Macaulay vit un officier indien s’approcher d’un péon assis à l’extérieur de son bureau (qui se trouvait à proximité de sa résidence) et lui toucher les pieds. Pourquoi un officier touchait-il les pieds d’un péon ? « Vous ne le savez pas, mais cette société indienne est tout à fait particulière, lui expliqua-t-on. Les brahmanes y sont respectés et le péon appartient à cette caste ».