Quand je pense que notre armée est en partie largement responsable de cet état de fait cela me donne envie de vomir. Je veux bien que la vertu première et absolument fondamentale d’une armée nationale soit l’allégeance et l’obéissance absolue au gouvernement en place ; Que ce principe ne peut-être éventuellement transgressé qu’en toute dernière limite, quand la situation l’exige vraiment, quand le pays, la nation est vraiment portée au bord du l’anéantissement par ses gouvernants, qu’alors et alors seulement l’armée peut refuser d’obéir, prendre le pouvoir momentanément et le moins longtemps possible pour ensuite le redonner aux nouveaux dirigeants et regagner sa place. J’ai beau savoir qu’il n’y a pas d’entre-deux possible, pas question de renâcler, de discuter, de contester, de faire grève ou de manifester son désaccord par toute autre forme que ce soit. J’ai beau savoir que si j’avais été moi-même officier ou simple soldat de notre armée j’aurai moi aussi certainement obéi aux ordres fussais-je anéanti de colère et de dégout... encore que si j’avais été pilote d’avion ça reste à voir ! J’ai beau savoir tout cela, j’ai quand même mal au ventre, des enfants, des femmes, des vieillards, des hommes, presque tous civils innocents, déchiquetés, écrasés sous NOS bombes uniquement pour satisfaire les appétits d’une oligarchie devenue totalement démente. Mal au ventre de voir ce pays hier prospère et paisible, maintenant, détruit, ravagé, ruiné, plongé pour des années dans un enfer sans nom qu’on appelle guerre civile. J’ai mal au ventre de ce que le sens du devoir vous à contraint à faire, mais je sais aussi que parmi vous nombreux sont ceux marqués au fer rouge par cette ignominie, nombreux sont ceux habités désormais par la colère et le dégout envers cette oligarchie de merde qui a bafoué votre honneur et souillé d’infamie le drapeau de la nation. Nombreux sont ceux qui prennent conscience des finalités ignobles qui se mettent en place. Je ne désespère pas de vous, je suis du peuple et vous garde ma confiance pour les heures sombres à venir.