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Rapport du bureau d’éthique du Congrès américain : des congressmen sont corrompus

Selon le quotidien américain, le Washington Post près de la moitié des membres du comité chargé de surveiller les dépenses du Pentagone à la Chambre des Représentants américaine fait l’objet d’une enquête par le Congrès sur le plan éthique.

Ainsi selon un rapport de 22 pages du bureau d’éthique du Congrès américain, censé être confidentiel, mais que le Washington a réussi à se procurer une copie, le voile est levé sur certaines des sulfureuses connexions qui lient souvent en Amérique le puissant pouvoir législatif aux intérêts privés et leurs non moins puissants lobbies.

Ainsi prés de 30 législateurs et membres de leurs équipes sont actuellement scrutés avec attention par le bureau d’éthique du Congrès pour mille et une raisons : préférence donnée par certains parlementaires à des compagnies dont leurs parents sont actionnaires ; participation à des séminaires de trois jours aux frais de compagnies privées cherchant à promouvoir leurs intérêts…

La révélation la plus intéressante concerne le très puissant sous-comité d’affectation des fonds de la défense de la Chambre des représentants, qui contrôle les dépenses du Pentagone. Sept de ses membres sont dans le collimateur des enquêteurs. Ceux-ci tentent de déterminer quelle a été la nature de leurs relations avec l’influente firme de lobbying PMA, active dans le secteur des industries d’armement.

Le président du sous-comité, John Murtha, représentant démocrate de Pennsylvanie, est sur la sellette, de même que quatre autres membres de son parti et deux députés républicains. Il y a un an, un raid du FBI dans les locaux de PMA avait permis la saisie de nombreux documents sur les contributions financières de cette compagnie aux campagnes électorales de plusieurs législateurs, déclenchant une enquête judiciaire.

Le bureau d’éthique s’efforce de déterminer si les élus, dont les photos étaient publiées hier par le Washington Post, ont « récompensé » leur généreux donateur en « monnaie législative » ou en affectation de fonds. Selon le quotidien américain, près de 200 millions de dollars auraient été affectés par les sept parlementaires en cause pour des commandes passées à des constructeurs d’armement liés à PMA. Les représentants du peuple auraient touché en retour près de 6,2 millions de dollars de fonds de campagne au cours de la dernière décennie…

Dans le même rapport, on apprend que le représentant républicain David Nunes, a été menacé en 2007 par PMA pour avoir refusé d’accéder à ses requêtes. De quoi alimenter les critiques visant l’étendue de la corruption à Washington. Toute la subtilité de l’enquête consistera à prouver les faits reprochés sachant que les lobbyistes veillent à ne pas dépasser la ligne ténue qui sépare la défense légitime des intérêts privés d’une tentative de corruption, explique un ex-professionnel de l’industrie de l’armement qui a travaillé aux États-Unis.

Le rapport sorti jeudi montre que, malgré ses efforts, l’Administration Obama n’a pas réussi à « nettoyer » le système. Ainsi, selon le Washington Post, le patron de PMA, Paul Magliochetti n’a-t-il cessé, depuis dix ans d’alimenter les caisses électorales démocrates. Il y a un an, il avait hébergé dans sa belle maison d’Alexandria, en Virginie, une très chic soirée de levée de fonds pour le comité de campagne démocrate du Congrès, dont l’hôte d’honneur avait été Nancy Pelosi, futur speaker de la Chambre. Chaque firme invitée avait payé 28 500 dollars pour y participer.