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De la "chutzpah" en affaires

Selon des témoins, lorsque Robert Benmosche, PDG de l’assureur américain AIG, a renoncé à poursuivre l’État fédéral dans l’idée de récupérer des dédommagements financiers – une procédure que des actionnaires le poussaient à engager –, il a eu ces mots : si sa firme suivait cette voie, elle deviendrait le « symbole de l’ingratitude et de la chutzpah des entreprises ».

Qu’est-ce que la chutzpah ? D’origine hébraïque, le terme est peu connu à Cheyenne ou Little Rock. Même à Omaha, au Nebraska, où Warren Buffett, premier investisseur privé mondial, tient boutique, il y a peu de chances qu’on n’en ait jamais pris connaissance. En revanche, le mot fait partie de l’« anglysddish » – dans le sens où Etiemble évoquait le « franglais » – un idiome forgé au fil de l’arrivée de générations d’immigrants juifs d’Europe orientale et qui s’est imposé dans le langage new-yorkais en général et en particulier dans la finance. À Wall Street, nul besoin d’être hébraïsant pour comprendre : la chutzpah, c’est le culot. Ou plutôt le culot monstre, outrageant, du mufle, de l’escroc ou du charmeur qui ne doute de rien. Utile précision : on prononce « houtzpeh », le « h » s’énonçant comme la « jota » espagnole.

À quelle chutzpah le patron d’AIG faisait-il référence ? Le Monde (daté 10 janvier), dans sa chronique « Pertes et profits », a narré comment Maurice (dit « Hank ») Greenberg, l’ex-PDG et fondateur d’AIG, attaque en justice l’État américain au motif que son plan de renflouement de l’assureur en faillite, en 2008, a spolié les actionnaires en imposant à la firme des remboursements à ses yeux exorbitants.

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7 commentaires

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  • #317205
    Le 30 janvier 2013 à 18:22 par Yaro

    Merci a ER de partager, faut être abonné ou acheter cet article sur le site du monde pour le voir ...

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  • #317229
    Le 30 janvier 2013 à 18:41 par Omar

    Un mot qu’on connaît tous ici depuis des années... Là où on se rend compte que les lecteurs du site ER sont une élite quand même....

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  • #317511
    Le 30 janvier 2013 à 23:01 par Kurt Tucholsky

    En Pologne, gilotyna désigne le massicot (d’imprimerie) et le ciseau à cigares, et que le verbe gilotynowac (« guillotiner ») s’emploie avec recherche pour mettre un terme à une conversation.

     

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  • #317601
    Le 31 janvier 2013 à 01:47 par Bernard

    Yiddish -> New-York -> Juifs -> Wall Street. _Le journal Le Monde ne serait pas tombé dans l’amalgame et les clichés antisémites ? Moi, je dis que oui.

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  • #317737
    Le 31 janvier 2013 à 09:34 par pff

    Utile précision : on prononce « houtzpeh », le « h » s’énonçant comme la « jota » espagnole.

    "chutzpah" : Non seulement ce mot désigne une abjection ; il s’écrit avec des lettres baladeuses ; est laid à regarder ; mais, en plus, il se prononce presque comme "roupettes" (en moins mignon). Ce mot est laid comme la langue dont il provient, dans le fond et la forme.
    .
    Ce mot a pourtant un avantage, il condense la mentalité, la culture et le rapport au monde du peuple qui l’a créé.
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    Comptez sur moi pour ne pas le prononcer comme on nous le préconise. Et puis quoi encore !! Faudrait maintenant apprendre le yiddish pour complaire à nos maîtres.
    .
    Ce mot de merde, on lui fait bien assez d’honneur en le prononçant à la française.

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  • #319526
    Le 1er février 2013 à 20:21 par anonyme

    on prononce « houtzpeh », le « h » s’énonçant comme la « jota » espagnole.
    non, j’ai vérifié sur wictionnary, le h aparemment ne se prononce pas, et c’est le digramme ch qui se prononce comme la jota espagnole ou le ĥ de l’Esperanto.

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