Constitutions, souveraineté et Grèce
15 décembre 2014 12:46, par listenerL’Europe n’a pas de constitution. Cela devait être sa faiblesse, mais non ! Bien au contraire, elle tire sa force de cela. Les citoyens d’Europe ne peuvent pas lui opposer des principes,notamment ceux de la séparation des pouvoirs et de la responsabilité politique (voir la Grèce) lesquels n’existent plus. Création diplomatique multilatérale, devenue folle et qui aboutit à une pure et simple tyrannie. Elle acquiert les uns après les autres les attributs de l’Etat sans que personne ne puisse s’y opposer. En dernier lieu, après celui du droit de battre monnaie, le droit de lever des emprunts qui va évidemment bientôt être suivie de droit de lever des impôts, puisqu’il faut bien les rembourser, ces dettes, et du droit d’envoyer une force publique pour les recouvrer, la force armée existant déjà (c’est l’OTAN et les administrations des états aux ordres). L’Europe est donc un "Etat offshore" dément qui a pour caractéristique de n’être contrôlé par rien ni par personne et de n’être responsable de rien et notamment des conséquences de sa propre politique. C’est ce qui fait momentanément sa force. Elle s’est trompée cent fois mais reste hors de toute critique puisqu’elle n’a en fait pas d’existence juridique. C’est un ectoplasme (le parlement européen n’est qu’une instance "consultative". Pas plus de pouvoirs que la Diète de Francfort du temps du Saint-Empire resplendissant.
Théoriquement donc, le "non" au référendum (refus des peuples français et hollandais de mélanger les genres, un traité et une constitution) aurait dû provoquer l’effondrement de ce système de Sainte-Alliance de bazar, ce qui eut été normal. Mais bien au contraire, ce "non" a justement provoqué une fuite en avant. Remise en cause des révolutions des 18ème et 19ème siècles qui avaient la France pour chef de file, et discours verbeux. Les peuples n’ont donc plus voix au chapitre. Telle est la conclusion à en tirer (ce n’est pas parce qu’on "vote" que la place des peuples est déterminée)..
Dernière remarque : l’Europe n’a point de constitution mais elle a l’impression qu’elle en a une. Elle vit en fait un "conflit de droit" Celui qui prédomine aujourd’hui en Europe, c’est le droit anglo-américain. Anglais à cause de la place prédominante du juge-aristocrate, et américain dans l’agression par les législateurs étatiques des sociétés traditionnelles au nom de l’individu et le conventionnalisme normatif qui remplace le jus naturalisme, d’inspiration française..