Humaniste républicain épris des Lumières
21 mars 2012 20:06, par Marion SigautExtrait du texte proposé par Robespierre
Quelque considérable que dût être la taxe des enfants, ce ne serait pas un motif suffisant pour se priver des avantages d’une aussi belle institution, puisque cette taxe ne grèverait que le riche
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Mais cette charge ne sera pas énorme, si vous adoptez quelques autres dispositions que je vous propose.
...le produit du travail des enfants viendra au soulagement de la dépense de la maison ; tout enfant au-dessus de huit ans... peut gagner sa nourriture. Il n’y aura que les enfants de cinq, six et sept ans qui seront en pure charge ; ceux-là recevront sans rien mettre. Quiconque a vu des lieux où fleurit l’industrie, sait qu’on connaît l’art d’employer fort utilement des enfants de huit ans et au-dessus.
Tout consiste à établir un ordre sage et à bien monter la machine.
Ici tous les intérêts concourront à multiplier auprès des maisons nationales d’institution des objets de travaux à la convenance des enfants.
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L’ardeur des enfants sera animée par des encouragements qu’un règlement sage présentera à leur émulation.
Les maîtres eux-mêmes recevront des récompenses, lorsque les enfants confiés à leurs soins auront emporté le prix du travail.
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Quelques enfants auront des revenus personnels.
Tant qu’ils seront au nombre des élèves de la Nation, toute dépense cesse pour eux : qu’est-il besoin que ces revenus épargnés chaque année grossissent leurs capitaux... N’est-il pas plus naturel que pendant le temps où la Nation prend soin d’eux, leurs revenus soient appliqués à la dépense commune ?
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Voici donc comme je propose de doter nos établissements d’institution nationale.
1. Le produit du travail des enfants.
2. Les revenus personnels des enfants qui y seront élevés pendant tout le temps de leur éducation.
3. Le surplus sera fourni par les produits d’une taxe imposée sur tous les citoyens du canton, chacun dans la proportion de ses facultés.
...la plus sévère économie sera apportée dans les dépenses. Les dépenses se borneront au juste nécessaire. Aucun domestique ne sera employé dans les maisons d’institution : les enfants les plus âgés donneront aux plus jeunes les secours dont ils pourront avoir besoin ; ils seront, chacun à leur tour, le service commun ; ils apprendront, tout à la fois, à se suffire à eux-mêmes, et à se rendre utiles aux autres.
(à suivre...)