Sociologie d’une Église minoritaire
2 juin 14:04, par DominoArticle très intéressant qui tente de donner de grandes lignes pastorales dans un contexte extrêmement diversifié. Déjà dans les années 80, on disait que le gros problème qui montait était l’indifférence : les gens vivent bien... sans Dieu.
Je dirais que ce peut être une conséquence d’erreurs héritées de l’histoire.
En effet, en réaction à la crise protestante, l’Eglise catholique romaine s’est définie au concile de Trente comme unique chemin de salut, au lieu de n’être que le "sacrement" de Celui qui sauve, le Christ. On peut même voir dans la statuaire le basculement théologique entre les Vierge à l’Enfant du Moyen Age (s’effaçant derrière un Enfant Jésus-homme) et celles du XIXe semblables à toutes les mamans avec leur bébé, mais couronnées tandis que Jésus ne porte parfois aucun attribut divin.
Le salut est devenu une promesse pour l’au-delà à condition de bien suivre les préceptes de l’Eglise, c’est ainsi que le formalisme sacramentel a ignoré l’éloignement de la foi... pourtant perceptible dès le XIXe. La vie selon l’Evangile, souvent réduite aux 10 commandements, n’était pas mise de côté, simplement une obligation dans la liste. Secondaire, comme en témoigne encore aujourd’hui le sens du mot "pratiquant".
Quant à Dieu ? Celui qu’on priait pour arranger nos affaires... Le Christ évincé du centre de la foi, n’était plus Celui qui révèle le Père mais celui qui juge à la fin des temps.
Dans la foulée du concile de Trente, les fidèles n’ont plus été encouragés à lire les textes, remplacés par une "histoire sainte", par ex l’Incarnation est devenue la naissance du "petit Jésus"’ Qu’importe, il fallait croire (dans le sens d’adhérer intellectuellement). Les fidèles ont perdu l’accès à la puissance symbolique et performative des textes et étaient invités à "suivre leurs pasteurs comme des brebis leur berger"...
Dans le contexte de la modernité ça ne pouvait pas tenir, d’ailleurs, la hiérarchie en était consciente puisque le concile Vatican 1 devait réfléchir sur l’Eglise. Las, interrompu par la guerre de 1870, il s’est limité quasiment à l’infaillibilité du pape (qui venait de perdre ses Etats...).
Vatican 2 entendait remettre le Christ au centre et l’Eglise à sa place, "servante et pauvre", mais lumineuse de la présence du Sauveur. Certains ne l’ont pas accepté, et soulignent un échec. Je pense pour ma part qu’il vaut mieux une Eglise vivante, même peu nombreuse, et missionnaire. Jésus n’a jamais dit qu’il ne devait y avoir que du sel !
Alain Soral et E&R
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