Sous un même mot peuvent se trouver plusieurs questions :
La première est de savoir si une vie polygame DE FAIT est choisie librement par toutes les personnes adultes concernées, ou si c’est une obligation imposée à certaines (en l’occurence les femmes, sous les régimes très machistes). Dans le second cas, cet esclavage est inacceptable ; dans le premier, c’est la vie privée des personnes concernées, que les autres s’occupent de leurs fesses !
La seconde question est de savoir si l’Etat doit instituer un contrat polygame DE DROIT (évidemment entre adultes consentants), qui à l’instar du mariage entre 2 personnes de même sexe, restera sans doute rare. Tant qu’il ne s’agit que d’adultes, l’Etat peut sans risque refuser de reconnaître ces foyers atypiques. Mais priver de protection légale et sociale les éventuels enfants et les personnes se consacrant à plein temps à leur élevage pourrait être dangereux. Quant à la niche fiscale du mariage (qui pourrait être un attrait en ces temps difficiles), son but étant nataliste, elle pourrait être déplacée sur les allocations familiales. Mais d’un autre côté, elle a aussi un effet incitatif pour maintenir au foyer certains pères papillonnants. Le débat n’est donc pas clos.
Enfin, la troisième question est de savoir si lancer à la veille d’élections de tels débats sociétaux, dont on sait parfaitement qu’ils divisent les électeurs selon un clivage différent du clivage capital-travail, n’est pas un moyen de faire oublier les questions économiques et sociales prioritaires. Il en est de même de l’euthanasie active contrôlée, qui n’est pas une question à ignorer, mais devrait passer après la sortie de l’Euro, l’annulation de la dette publique et le rétablissement des services publics.