Valérie Bugault – Comment les banques ont acheté les États
4 juillet 2019 14:38, par nicolasjaissonRéponse à "FredCho"
La monnaie dette est le moyen par excellence de monétiser les dépenses de l’Etat, plus de 57% du PIB en France, en transformant le crédit primaire de la banque centrale en dépenses publiques ou privées financées par les banques. En ce sens, les politiques utilisent les banquiers comme courroie de transmission pour manipuler l’économie à leur guise par le biais de financements ciblés qui correspondent au plan de développement fixé par l’Etat et les organisations supranationales qui donnent les grandes orientations plus ou moins contraignantes. La décision de financer ou pas telle ou telle activité aux dépens d’autres est éminemment politique parce que correspondant à une vision définie en l’occurrence par la politique mondialiste. Par exemple ce sont les politiques qui ont pris la décision de débloquer les crédits pour financer les énergies renouvelables et la transformation digitale qui sont nés à partir de subsides publiques sponsorisant des acteurs privés dans le cadre de partenariats public-privé qui donnent souvent lieu à des scandales de corruption, comme on l’a vu par exemple avec la libéralisation du marché de l’électricité en France ou en Allemagne. Dans le même ordre d’idée c’est l’Etat qui finance à fonds perdus les activités développées dans le cadre de la politique de la ville, de la formation professionnelle ou de l’immigration. Comment croyez-vous que l’Etat allemand a trouvé soudainement cent milliards pour financer l’installation des migrants alors que le Dr Schaüble avait déjà bouclé son budget fédéral en 2017 ? Les banques servent de relais aux politiques agissant aux différents niveaux administratifs, en allongeant les crédits avec la couverture de la BCE qui compensera les pertes dans le cadre des rachats d’actifs des QE.La cerise sur le gateau est que, non contentes de monétiser les dépenses publiques ou privées avec de la monnaie dette, les banques se servent des reconnaissances de dette comme instruments de financement de leurs activités de marché. Par exemple une banque vend temporairement des OAT ou des T bonds à un confrère pour financer un swap de taux ou un véhicule de financement dédié aux obligations collatéralisées par des crédits en défaut. Cela s’appelle faire d’une pierre deux coups en utilisant l’effet de levier au bilan pour financer des actifs avec d’autres actifs. Il s’agit toujours d’actif de dette bien entendu. Mais quoi qu’il arrive la banque est couverte par l’Etat et la banque centrale.