Il est effectivement difficile de se la couler douce au chômage, pour les raisons suivantes :
hyper contrôle de toutes ses activités et injonction de devoir en rendre compte régulièrement = humiliation
absence totale de cohérence entre les efforts déployés pour trouver un emploi et les résultats obtenus = sentiment d’incompétence
très grande difficulté à mettre en adéquation ses diplômes et son expérience avec les diplômes et expériences demandées pour exercer tel ou tel emploi = sentiment d’inutilité + sentiment d’avoir fait de mauvais choix dans la vie, culpabilisation
obligation d’affronter une concurrence qui laisse dès le départ très peu de chance à chacun. Avec 100 candidats pour un poste, à compétences égales, il est possible de prendre le plus jeune, le plus beau, le plus à l’aise en entretien, le mieux coiffé, celui qui a les dents les plus blanches etc etc = sentiment de ne rien valoir
très grande difficulté à faire face au quotidien et à accéder à des conditions de vie décentes (prix de l’alimentaire et des loyers en pleine explosion) = angoisse
incertitude totale vis à vis de l’avenir et projection impossible = angoisse bis + renoncement à un certain nombre de projets de vie, dont celui pour une partie des autochtones de fonder une famille (ce qui rend bien service à qui on sait, au passage)
Le souci, c’est qu’on est passé du métier (je choisis un apprentissage, j’acquière des compétences, j’exerce un métier qui me permet de me servir de ces compétences et de les mettre au service de la société) à l’emploi (je dois être en adéquation avec les besoins du marché).
Et ce passage s’est fait lorsque le contrôle de notre pays a été remis entre les mains de la finance.