On peut être sensible au combat populiste anti-corruption d’Hugo Chavez – ce discours l’a fait élire et réélire - mais accuser un prétendu impérialisme des graves maux économiques que connaît le Venezuela semble infondé.
En 1998, le Venezuela produisait 3,7m de barils par jour. Aujourd’hui il en produit environ 2m. Les gens qualifiés ont quitté le pays, entre autres pour l’industrie pétrolière colombienne car Chavez après avoir renforcé son pouvoir présidentiel a pris le contrôle administratif de PDVSA par décret puis viré 20.000 récalcitrants des 35.000 salariés de la compagnie.
Le Venezuela a coupé les investissements dans le secteur productif pour soutenir des politiques sociales d’inspiration cubaine, finançables tant que le prix du pétrole montait. Puis il a toujours fallu plus contrôler et "nationaliser" pour trouver des devises.
En 2004, la dette extérieure était de 25mds de $. Aujourd’hui elle est de 178mds de $. Belle lutte contre l’impérialisme financier…L’enrichissement de la classe proche de l’élite politique est considérable.
En 2012, le pays connaît un déficit public de 18% du PIB alors que le pétrole est à plus de 100$ le baril. Même la Grèce n’a pas connu cela. A partir de 2013, plus personne ne finance les déficits même la Chine qui avait prêté 50mds de $ (en échange de pétrole ?).
La seule décision du pouvoir de Maduro est d’honorer la dette sur la compagnie pétrolière PDVSA car cela fait encore rentrer quelques devises alors que le secteur privé nationalisé, exproprié est en ruines. La banque centrale cherche tous les centimes qui restent pour payer les remboursements. Le reste peut faire défaut. Le pays peut s’écrouler. La malaria qui avait été éradiquée dans les années 60 (avant les USA) peut réapparaître.
Récemment Goldman Sachs a prêté 850m de $ à un taux de 50% au gouvernement. Ce sont les derniers à encore prêter pour nourrir les bouches affamées. Fin de partie.