Thierry Meyssan : "Les États-Unis et la Russie vont se retirer du Proche-Orient"
27 avril 2016 12:22, par nicolasjaissonFranchement, je me demande parfois où Meyssan va chercher ces "informations". La Russie ne se désengage pas du tout de la Syrie ou même du proche-Orient. Déjà, se retirer des opérations anti-terroristes en Syrie serait une curieuse manière de planifier un avenir lourd des bénéfices engrangés grâce aux victoires remportées sur les forces supplétives terroristes au service des puissances occidentales, tant en Syrie qu’en Irak. En fait de retrait des forces russes, il s’agit surtout de faire tourner les actifs engagés, tant le personnel que le matériel. La Syrie sert de terrain d’expérimentation, en situation de guerre réelle, pour les nouveaux équipements russes, notamment les chasseurs de dernière génération, les systèmes de guerre électronique, les radars de repérage des troupes au sol, les nouveaux chars équipés de dispositifs de protection rapprochée anti-missiles, etc . Les Russes ont engagé plusieurs de leurs nouveaux hélicoptères de combat, notamment le MI 28 N spécialisé dans le combat nocturne, qui fait merveille contre les infiltrations de militants islamistes en milieu urbain. Dans le domaine civil, la Russie est prête à soutenir financièrement et techniquement la reconstruction des infrastructures syriennes, notamment par la construction de centrales électriques et de plateformes logistiques permettant de transformer la Syrie en carrefour des voies d’échange entre l’Asie centrale et l’Europe. On peut en dire autant pour les pays du Maghreb qui sont des gros acheteurs de matériel militaire russe et qui développent des relations commerciales de plus en plus intenses avec la Russie, notamment dans le domaine des exportations des produits agricoles. Donc la Russie entend bien pousser ses pions dans un région où les échecs anglo-saxons ont laissé un vide que les puissances eurasiennes, Chine et Russie, s’empressent d’occuper sur les ruines de régimes dictatoriaux progressivement abandonnés par les Etats-Unis. La Russie s’impose comme une puissance pacificatrice au Proche-Orient, parce qu’elle est porteuse d’une vision de développement des relations économiques et culturelles s’appuyant sur les grands principes de la civilisation chrétienne progressivement jetés aux orties par des Anglo-saxons dévorés par la corruption morale et politique.