Une rue de Béziers devrait porter le nom du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc
8 décembre 2014 15:12, par Philippe de MacédoineC’est de la provocation gratuite à visée électoraliste. Aller débaptiser une rue qui évoque quelque chose aux "vainqueurs" de la guerre d’Algérie pour y coller le nom d’une personne qui a été de l’autre côté n’a aucun intérêt.
Si j’étais maire d’une ville, je m’en cognerais qu’il y ait des rues Danton, Thiers ou Mirabeau. Je déplorerais l’absence d’un boulevard Robespierre ou une rue Jules Vallès mais je ne ferai pas un caprice frappant le mur de mes petits poings pour qu’il en soit ainsi... Et oui, il y a encore des gauchistes républicains sur E&R.
Cependant deux points sur lesquels il nous faudrait disserter :
1 - M. Denoix de Saint Marc est l’exemple même de ces grands hommes complexes dont l’aventure personnelle me fait rêver mais qui clive. On peut dire de même de Mm. Mussolini, Robespierre, Castro voire le calomnié M. de Rais ou Mm. Staline et Hitler. C’est parce que ceux qui font l’histoire sont complexes que l’Histoire est complexe.
2 - Est-il légitime et normal dans une nation de baptiser nos rues avec le nom de ceux qui nous ont châtié ou de ces événements où nos ancêtres n’ont pas été glorieux. Existe-t-il une rue Azincourt, Trafalgar ou Waterloo à Paris ? Y-a-t-il des places Nelson ou Wellington chez nous ? à ma connaissance non, mais je peux me tromper. S’il en existait, ce serait scandale de mon point de vue. Ce serait salir la mémoire de nos ancêtres.
Un peu comme nommer une place à la gloire de ce cessez-le-feu qui n’est pas dans les actes de gloire de notre si belle nation.
Si on veut faire une réconciliation nationale, il est impératif de poser de nouveau les jalons de notre nation, c’est-à-dire, mettre en avant les moments de gloire et oublier volontairement les moments de servitudes, de compromission ou de traitrise.
Je crois que ceux qui nous pompent l’air en ne focalisant que sur la réconciliation devraient se dire que l’adjectif "national" est là pour préciser le sens du nom auquel il est associé.
Hé oui, la nation est un concept de gauche.
La nation est notre bien le plus précieux. Le reste n’est que de la pognée.