Les conséquences d’une sortie de l’euro
10 novembre 2014 12:32, par Philip DruJe suis d’accord pour constater que la politique du Franc fort mené pendant plus de 25 ans a largement contribuer à finir de liquider la force productive de notre pays comme l’évoque E.Todd (http://blogs.mediapart.fr/blog/xipe...).
Toutefois je doute du bénéfice tiré par la baisse de la monnaie sur les exportations dans un pays aujourd’hui désindustrialisé. Les capacités de production industrielles sont elles réellement "élastiques" et les ouvriers qualifiés existent-ils encore ou ne sont-ils pas à former. Combien de temps cela pourra-t-il prendre ? Le scénario d’une hausse du volume des exportations me paraît très hasardeux. Par ailleurs cette hausse relative en volume pourrait être insuffisante à récupérer la baisse en valeur, du fait de la dévaluation monétaire.
L’évolution vis à vis des pays du Sud de l’Europe est là aussi hasardeuse. Que penser de l’impact d’une dévaluation relative (parce que supérieure) de ces pays sur nos exportations agricoles et sur l’industrie agro-alimentaire. Dans le contexte de l’embargo russe et des remous qu’il a provoqué, cette concurrence accrue des pays latins, ne serait-elle pas un coup de grâce pour nombre d’entreprises françaises du secteur agricole/alimentaire et là encore l’occasion du creusement du déficit de la balance commerciale par une diminution des ventes de ces secteurs tant en volume qu’en valeur ?
A l’inverse, la hausse du coûts des importations depuis les zones DM/$/CNY/CHF ne serait-elle pas beaucoup plus importante, rendant dramatique le solde de la balance commerciale. Creuser davantage un solde aussi négatif ne serait-il pas suicidaire ? Pour ma part, je doute que les pays des zones DM/$/CNY/CHF aient à baisser à leur tour le prix de leurs exportations, les marchés des Brics pouvant constituer des relais de croissance réalistes face aux capacité de consommation et de trésorerie du Sud de l’Europe.
L’exemple récent de dévaluation Suisse (20%) n’est pas transposable à la France il me semble. Ne serait-ce que parce que le poids de l’industrie dans l’économie de la Suisse est presque 40% plus élevé que celui de la France (25,7% conte 18,7% du PIB) quand l’agriculture pèse moins (1% du PIB contre 1,9% en France). L’évolution des exportations de ce pays qui voit sa part européenne baisser de 16% en 20 ans (69% à 58% du total des exports) situe bien les enjeux de la croissance à venir.