Accord à Genève sur des étapes pour une désescalade en Ukraine
18 avril 2014 04:01, par ApocrypheDans tout conflit, on juge d’après les actes, mais également (et surtout) d’après les intentions (avérées ou supposées). La pratique des jeux de stratégie en ligne est très instructive à cet égard, et permet à n’importe qui de comprendre comment fonctionne un dirigeant d’une puissance militaire, par analogie, car les principes sont les mêmes, que le jeu soit virtuel sur internet ou qu’il soit réel dans le grand jeu géopolitique mondial.
L’importance de la diplomatie, de l’image et de la réputation d’un joueur (ou d’une nation) sont primodiales. Plus important encore que de gagner par les armes, la vicoire morale est celle qui fait le réel vainqueur. Ainsi une défaite tactique peut s’avérer devenir une victoire stratégique, grâce à l’image. L’importance du droit, de la cause juste, du combat même déséspéré mais pour le bien, peut suffire à renverser une situation. L’esprit est toujours plus fort que l’épée. Le moral des belligérants est plus important à la guerre que leur armement. C’est la volonté et le droit qui compte, pas la force brute. Les exemples sont nombreux de victoires tactiques mais de défaites stratégiques.
Bataille du Thêt au Vietnam : défaite tactique des Viets, mais victoire stratégique pour eux car l’Amérique comprend qu’elle ne gagnera jamais la guerre.
Guerre d’Algérie : victoire tactique française contre la guerilla, mais défaite stratégique car la France y perd son âme.
Israël moderne : victoire tactique contre la Palestine et les Etats arabes, mais défaite stratégique car incapacité de faire la paix.
A la guerre il faut gagner les batailles, mais il faut gagner surtout les coeurs, à commencer par celui des combattants, car sans combattants résolus, pas de batailles possibles. La guerre est autant psychologique que physique.
Si je dis tout cela, c’est pour arriver à ceci : la Russie (et Poutine en particulier) est soupeçonnée de vouloir se recréer un Empire, par la force si besoin. Procès d’intention ou réalité ? Poutine est victime de son image d’homme dur et viril, il sait que s’il fait usage de la force, même à bon droit, l’histoire fera de lui un Hitler russe. Il est donc obligé de jouer les naïfs et d’attendre de recevoir les premiers coups, car seule la légitime défense le disculpera. Trop l’ont déjà jugé coupable et ont fait de lui le méchant. Il doit encore tendre l’autre joue avant de songer à rendre les coups. Il doit sacrifier un cavalier pour pouvoir frapper avec sa reine.