"War Plan Red" : quand les Etats Unis envisageaient d’attaquer le Canada en 1927...
28 août 2012 18:49, par matrix le gauloisIl faut dire que le contexte était différent alors : l’Angleterre restait la première puissance mondiale en raison de son industrie & de son empire colonial, les USA, eux, allaient connaître la crise de 1929 deux ans plus tard, dont ils n’en ressortiraient qu’avec la seconde guerre mondiale. Au point de vue militaire : la Grande-Bretagne sortait grand vainqueur aux côtés des français à peine 10 ans plus tôt. Si les Français ont fait beaucoup pour barrer la route à l’aigle impérial allemand et alignaient en 1918 une armée réellement moderne, aguerrie & nombreuse, les Anglais, eux aussi, avaient une armée renforcée par les différentes offensives et les lourdes pertes de ce bourbier sanglant. Les américains, eux, avaient, comme pendant la guerre de sécession, mis le paquet sur le quantitatif au détriment du qualitatif : plus d’un million d’américains mobilisés, des centaines de milliers de soldats acheminés en Europe...mais ! Pour ce qui est de l’expérience : ils ont réussit à se faire encercler au bois Belleau (l’épisode du bataillon perdu) et pour ce qui est des succès suivants, ils ne le durent qu’à deux choses :
les chars français gracieusement cédés par la République, à la grande colère de l’état-major (Foch a proposé que l’on dissolve l’armée américaine pour l’employer comme troupes d’auxiliaire coloniaux au même titre que les tirailleurs sénégalais ou les Spahis)
et le fait que les marines évoluaient à l’ombre des Tommies du grand frère Britannique, bien plus expérimentés que les doughboys américains.
L’armée américaine a bien remporté des succès au cours de la première guerre mondiale mais, le plus souvent, le mérite revenait en proportion égale aux anglais ou aux français sans qui ç’aurait été l’échec.
D’ailleurs, aucun héros ou fait d’arme marquant durant la première guerre mondiale n’émaille l’histoire ou la culture américaine : je n’ai jamais vu un seul film Hollywoodien à la gloire de l’armée américaine de 1918, comme si ça n’avait marqué personne outre-atlantique.
Alors, tout ça pour dire qu’en 1927, l’Amérique faisait bien d’avoir peur de la puissance Britannique bras armé de la City de Londres.