De 1963 à 1980, 1 630 enfants de 7 à 14 ans ont été transférés par la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) de la Réunion en métropole (Le Monde du 9 février 2002). Michel Debré était alors député de l’île, et son argument était double : aider les familles pauvres à assurer une formation à leurs enfants, et contribuer au repeuplement de la Creuse, du Gers et de la Lozère.
Les enfants étaient fichés en trois catégories : les "O", orphelins ; les "A" abandonnés ; les "RT", retenus temporaires, dont le lien familial n’était pas juridiquement brisé. Et les fiches précisaient le physique des enfants : noir, métis, mulâtre, blanc, hindou." "Il y a eu des chantages , a ajouté Simon A-Poi. On échangeait un enfant contre la promesse de l’effacement d’une dette ou l’espoir d’un logement moins insalubre, on faisait miroiter aux familles un meilleur avenir, on a fait signer d’une croix des déclarations d’abandon à des parents illettrés."
Selon Me Gilbert Collard, "on ne tenait aucun compte des fratries". "Des frères et soeurs étaient mis dans l’avion, et, une fois en France, le garçon était dirigé sur une destination, la fille sur une autre, ils ne se voyaient plus, a-t-il poursuivi. Parfois aussi, on n’enlevait à la famille qu’une partie des enfants...