Petite histoire de la politesse

Par Christopher Lannes

Publié le : jeudi 24 mars 2016
Modifié le : mardi 5 avril 2016
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Commentaires : 16
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La petite histoire de Christopher Lannes nous fait découvrir une contrainte sociale nécessaire à la vie en société : la politesse. Elle a connu une histoire tumultueuse marquée par de nombreuses ruptures. Considéré comme le pays le plus poli et le plus élégant d’Europe aux XVIIe et XVIIIe, la France va connaître en 1789 une fracture brutale du savoir-vivre, présenté comme un principe contraire à l’égalitarisme triomphant. Sous la Terreur, il est donc de bon ton d’être le plus vulgaire et le plus sale possible. Au XIXe siècle, tout étant à refaire, la politesse bourgeoise va se développer et s’imposer comme une pratique aussi élitiste que codifiée ; sans jamais pour autant refermer la déchirure révolutionnaire.

 

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Le 24 mars 2016 à 11:31 par Athéna
#1427513

J’adore ces rappels historiques, qui, avec humour et par le petit bout de la lorgnette, mettent l’accent sur des vérités, des époques et nous donnent bien à réfléchir, excellent et à partager ! La politesse, les choses à leur place, dans le respect, ça s’appelle pas la civilisation ? CQFD.

Le 24 mars 2016 à 14:19 par alias
#1427621

Le Français "Charlie" qui patauge dans l’abjection n’a que faire de la politesse .

Le 24 mars 2016 à 15:09 par Diego Alatriste
#1427656

Pour ceux qui cela intéresse, José Antonio Primo de Rivera (aristocrate lui-même) avait écrit un billet, difficile à trouver, intitulé : "Aristocratie et Aristophobie". Il y evocait comment les vertus aristocratiques se sont dégradées au fil des siècles jusqu’au point de se transformer en simple protocole, en système codifié "oppressif". Effectivement, cela vient du fait que la bourgeoisie a pris le contrôle après 1789.

La politesse qui sert à rendre la vie plus agréable et facile à son prochain a toute ma sympathie. Celle qui ne sert à rien, mais à dominer et "écraser", à montrer qui est au dessus, est lamentable.

Le 24 mars 2016 à 15:09 par lemecnormal
#1427657

C’est quand même mieux quand on a été élevé dans un milieu où la politesse est une civilité ! On confie plus facilement des responsabilités à une personne qui sait se tenir à table, qui est polie,qui a de la culture,qu’à un rustre sans éducation,car on sait que celui_çi n’aura aucun égard pour les autres ;"y’à qu’à "voir des personnes sans éducation de venir patron:elles se comportent avec leurs ouvriers d’une manière bien pire que des personnes qui ont été formées pour celà et qui ont de l’éducation et qui sont cultivées ;ne pas confondre politesse et caractère,car on trouve de tout dans tous les milieux bien sur ;

Le 24 mars 2016 à 16:13 par paramesh
#1427681

dommage qu’il ne parle que de la politesse de classe. la politesse en orient est la base culturelle des relations sociales, toutes classes confondues, la politesse n’y est pas un signe distinctif mais la normalité. la politesse régit tous les contacts sociaux. Le but exclusif de cette politesse bien comprise est d’être le ciment social de toute société orientale car elle éloigne les motifs de tension et abolit toutes les inégalités de classe dès qu’il y a contact. la politesse n’est que respect et discrétion

Le 24 mars 2016 à 17:34 par lemecnormal
#1427744

bravo,bien dit,mais il n’y a pas qu’en orient que c’était ainsi,ici aussi !

Le 24 mars 2016 à 16:38 par listener
#1427701

Une pensée d’Emmanuel Kant que je trouve très bonne : "La politesse, c’est de la petite monnaie. Mais ce n’est pas de la fausse monnaie".

Le 24 mars 2016 à 16:56 par katholikhos
#1427718

Ce qui est intéressant dans cette vidéo du très courtois Christophe Lannes, c’est d’apprendre que, dans l’ancien régime, toutes les classes, paysanne, bourgeoise etc. avaient leur forme propre de politesse, et aussi que le roi lui-même, cédait le pas et se découvrait devant une domestique. Cette politesse envers les êtres se reflétait encore dans la politesse dont on faisait preuve envers la matière : le plus humble ustensile était ouvragé. On a perdu tout cela avec la foi en Dieu, c’est-à-dire en un ordre cosmique ( la valse réglée des planètes) auquel l’homme est soumis et dont la politesse était le reflet. Plus d’ordre cosmique, désormais, sinon chez les néo-païens en toges et autres sectaires naïfs ; Dieu relégué au rayon des chimères humaines et Mélanchon, ses dents jaunes et sa vulgarité de bidet ébréché, triomphant dans l’égout commun...

Le 25 mars 2016 à 02:28 par Sedetiam
#1428112

La politesse, la courtoisie et le savoir-vivre sont les manières les plus équitables de jouer la plus belle pièce de théâtre à laquelle s’offrent les inégalités de la nature. Là, où l’ égalité instituée n’y peut rien...

Le 25 mars 2016 à 20:45 par misterfreez
#1428764

Le dessin en 3:16 est anachronique et ne peut pas être de Le Brun, vu que cette dernière meurt en 1842 et que le baise main est inventé à la fin du 19e selon le reportage.. du coup je ne comprend pas son insertion à ce moment.

Le 28 mars 2016 à 18:42 par Brahim
#1430700

"Sous la Terreur, il est donc de bon ton d’être le plus vulgaire et le plus sale possible."

AHAHA. C’est à dire qu’avec 60 départements sur 90 en état d’insurrection, deux corps d’armées sur trois qui avaient soit désertés soit trahis en passant à l’Autriche, une noblesse qui suppliait l’Empereur d’Autriche de venir fusiller tous les parisiens et des types à la Convention qui essayaient quand même de faire passer des lois sur l’abolition de l’esclavage et le plafonnement du prix du pain pour stoper des disettes galopantes organisées par de banquiers comme Necker, tout ça en luttant contre les Girondins qui voulaient leur peau, certes, l’heure n’était pas à la courtoisie et la politesse. Excusez-les, hein.