Egalité et Réconciliation
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Nouvel épisode dans la tension qui secoue les deux Soudan

La zone frontalière contestée de Heglig a rechangé de camp : l’armée soudanaise, celle du régime de Khartoum annonce avoir repris par la force ce territoire stratégique. Les autorités du Sud Soudan avaient auparavant annoncé avoir effectué un repli volontaire sous la pression internationale.

Derrière cette guerre larvée se joue le partage des richesses du sous-sol soudanais. Dans cette zone de Heglig, que les deux États soudanais revendiquent, se cache environ la moitié de la production pétrolière de l’ancien Soudan unifié.

Les réserves de pétrole débordent largement sous le territoire du nouvel État, le Sud Soudan, créé en juillet 2011. Mais après le partage du pays, la situation est devenue explosive, inextricable. Imaginez : les 3/4 des réserves totales du pétrole soudanais sont aux mains du Sud, qui ne peut pas les exploiter sans les infrastructures restées aux mains du Nord.

Le 10 avril dernier, le Sud Soudan avait envahi la zone de Heglig, mettant les deux pays au bord d’une nouvelle guerre civile et s’attirant du même coup les foudres de la Communauté internationale.

Celle-ci est fatiguée des turbulences meurtrières qui persistent depuis des décennies dans la région ; elle s’inquiète aussi des conséquences qu’un nouveau conflit pourrait avoir sur ses approvisionnements pétroliers.

Mais il est à craindre que les litiges ne se termineront pas avec ce départ des forces sud-soudanaises : c’est tout le tracé frontalier qui est contesté par les deux pays, un tracé régulièrement soumis à des actions de groupes rebelles qui refusent toujours la partition du Soudan.