La musicienne révisionniste Alison Chabloz libérée sous caution

Publié le : dimanche 29 septembre 2019
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À ce jour, ma troisième expérience de la prison a été finalement la moins désagréable. En effet, comparé à mes deux premières incarcérations de novembre 2016 (six heures) et d’octobre 2017 (48 heures), tous deux dans des cellules de police, ma courte présence à HMP New Hall a été un vrai plaisir.

 

Cellule individuelle et chauffée, télévision, bouilloire, oreiller, couette épaisse, matelas, e-cigarette, vue sur la ligne d’arbres de l’enceinte et compagnie furtive d’un écureuil ou d’un pigeon ramier. Un peu de repos n’était pas de trop après les péripéties de mon voyage avorté à Paris le mois dernier.

HMP New Hall était jadis un camp de formation et, pendant la guerre, un camp d’entraînement. Mes trois nuits se sont passées dans l’aile réservée aux détentions provisoires, la plus pénible et la plus bruyante, où la plupart des nouveaux détenus sont initialement envoyés avant d’être transférés dans l’une des ailes normales.

J’ai fait tête basse la plupart du temps, sauf après que l’on m’eût refusé un appel téléphonique. J’étais résolue dans ma protestation, ce qui signifie que j’ai finalement été ramenée dans ma cellule. Le lendemain matin, mercredi, j’ai finalement été autorisée à téléphoner à la maison. J’ai été troublée d’apprendre qu’une autre nouvelle détenue avait été placée en détention provisoire dans l’attente d’un procès relativement à un rôle présumé relativement mineur dans une infraction liée à la drogue, ce qui signifiait la séparation de sa fille de deux ans et de son bébé de quatre mois. Les autres nouvelles arrivantes étaient des habituées : des toxicomanes pincées pour vol à l’étalage ou cambriolage. Ces femmes ne semblaient pas mécontentes d’être de retour derrière les barreaux, bien au contraire. « C’est comme ça que je peux me passer de la drogue », m’a confié une femme, comme si le système pénitentiaire fournissait au moins un cadre en mesure de structurer ces vies chaotiques.

La plupart des détenues sont des filles du Nord de la classe ouvrière, d’âges variés. J’ai remarqué deux ou trois Polonaises, des Noires, des métisses et même des musulmanes asiatiques en tchador.

La prison est en sous-effectif : 140 gardiens pour 400 détenues, avec moins du tiers en service à la fois. Le personnel était clairement épuisé à la fin de ses quarts de travail. Mais ils étaient gais, gentils et, dans la plupart des cas, professionnels. Idem pour le personnel médical, en particulier l’infirmière Jane. Les prisonniers et le personnel étaient surpris d’apprendre mon histoire et j’ai même dû pousser la chansonnette pour les convaincre !

J’étais préparée psychologiquement et donc je me suis adaptée aussi bien que possible. Il n’est pas difficile d’imaginer que des femmes plus vulnérables auraient peut-être eu du mal à supporter la situation. Puis vint la nouvelle que je devais être libérée sous caution inconditionnelle. La procédure m’obligeait à attendre encore deux heures et demie avant de revoir enfin mes parents qui avaient dû franchir le col Woodhead pour venir me chercher à la porte de la prison.

De retour dans mes pénates, j’ai pris connaissance de la presse et des commentaires des lecteurs. Le ton vindicatif des articles de la grosse presse contrastait avec les commentaires modérés. Sans surprise, la presse n’a pas mentionné que j’avais été libérée sous caution en attendant la décision de la cour d’appel. Les commentaires étaient plus nuancés voire favorables.

Un grand merci à mes chers parents, à mon avocat Adrian Davies, à l’avocat Kevin Lowry-Mullins, et à ceux qui ont fait le déplacement lundi dernier pour me soutenir. Merci également à tous ceux qui ont relayé l’information et fait campagne sur les réseaux sociaux. Après des débuts difficiles, la semaine s’est finalement bien terminée, même si lundi dernier a eu ses moments de gloire, comme l’illustre l’anecdote suivante, un indice qui me dit que je suis sur la bonne voie.

Ce lundi, l’agente de sécurité du tribunal qui m’a menottée était la même qu’en 2017. Elle m’avait alors menottée au centre de détention provisoire de Chesterfield. Nous nous sommes reconnues en lui rappelant qu’elle m’avait félicitée deux ans auparavant pour avoir osé dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas.

La prochaine date prévue sera l’audience de mon appel devant la Haute Cour de Londres, le 31 octobre prochain, journée très spéciale d’Halloween et bien sûr du Brexit. Affaire à suivre.

Alison Chabloz

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Le 29 septembre 2019 à 14:18 par le glauque
#2287255

Police de la pensée:dictature:mensonge:peur de la vérité:lâcheté :...

Le 29 septembre 2019 à 14:51 par Edouard
#2287269

Le fait que la prison ne fasse plus peur explique aussi l’explosion de la criminalité en Occident .

Le 29 septembre 2019 à 19:40 par Bakloe
#2287396

Manifestement, il y a plus de criminels dehors qu’en prison. Ceci expliquerait aussi cela.

Le 29 septembre 2019 à 14:58 par N Ergie
#2287275

" Les prisonniers et le personnel étaient surpris d’apprendre mon histoire et j’ai même dû pousser la chansonnette pour les convaincre !"

Alors là chapeau !

Le 29 septembre 2019 à 15:15 par Je suis pas Charlie
#2287283

Le "Monde libre" montre son vrai visage, celui de la dictature sioniste !

Le 29 septembre 2019 à 16:17 par edelweiss
#2287311

Cette dictature a tendance a tirer un certain nombre de gens "par la tignasse" vers ce que l’on appelle vulgairement l’antisémitisme, mais qui est en fait une forme d’exaspération à l’encontre d’un système tyrannique qui bafoue les libertés les plus fondamentales, que ce soit celle de la réflexion, du doute, de la discussion, de la remise en question, ou de la contestation.. pour un certain nombre d’autres gens c’est la soumission, le gobage, la servilité ou la lâcheté parce que c’est aussi la tranquillité, l’échappatoire , la solution pour ne pas être inquiété pour ses opinions, condamné ou simplement montré du doigt.

Le 29 septembre 2019 à 19:15 par Yougoslavie
#2287383

Ces idiots ont une telle bassesse morale dans leurs pensées, actions et œuvres, que quand on raconte à quelqu’un la raison de ce que Madame Chabloz a subi cela paraisse invraisemblable et vous met hors de soi.

Le 29 septembre 2019 à 20:29 par albert
#2287425

une femme courageuse

Le 29 septembre 2019 à 21:55 par Hacene
#2287464

Elle assume son engagement jusqu’au bout. Chapeau bas !

Le 30 septembre 2019 à 10:08 par René F.
#2287600

Alison Chabloz représente l’Angleterre qu’on aime, celle de la sensibilité, de l’humour, et de la liberté.

Le 30 septembre 2019 à 10:14 par Thierry
#2287602

Tous mes respects chère Madame pour votre courage.

Le 30 septembre 2019 à 15:23 par Pistache
#2287863

Elle montre la voie.