@Enguerrand,
Il y a un écueil dans votre thèse - si c’est votre thèse - de l’aveuglement du positiviste - enfin il me semble ; il se peut que la norme fondamentale intègre une idée de justice et une dimension de droit naturel (Grotius, Puffendorf par exemple) ; et les droits de l’Homme, ne sont-ils pas, d’une certaine manière, que la philosophie du Christ passée au filtre laïque - également chrétien - et républicain ?
Le système positiviste est certes fermé sur lui-même, mais toute la question demeure de savoir si ce cycle juridique positif est mû ou non par une juste règle.
A ce jour, notre droit positif intègre également le droit de résistance à l’oppression, soit le droit,positif, de remettre en cause cette règle suprême qui rendrait possible la violation - par un gouvernement - des "droits imprescriptibles de l’Homme".
A qui obéit Antigone ? A la loi de Dieu, à une loi qui n’est pas la loi des hommes et qui leurs est, nous dit-elle, supérieure. La loi du ciel, pour celle-ci, prime celle de la Cité - pas très Chrétien tout cela.
Mais la loi qu’applique Créon est-elle juste ou injuste ? Est-elle injuste pour la raison qu’elle ne vient pas du Ciel.
Notre Constitution faisant état d’une conception de l’homme et des libertés issue de la doctrine humaniste (un christianisme laïcisé ), nous ne sommes à mon sens ni dans la situation de Créon ni dans celle d’Antigone.
Notre "modernité" politique, occidentale et française, semble avoir trouvé une issue à cet antique drame tout à fait Cornélien, non ?
Et si Créon avait, en France - selon la loi française - et en 2011, raison ?