Jean Bricmont a raison de dire que les guerres se font souvent plus pour des raisons irrationnelles (religions, nationalismes dévoyés en impérialismes) que pour des intérêts économiques. Il y a en effet beaucoup d’irrationalité dans les comportements humains, parce qu’il y a de l’émotion (en particulier la peur) et une énorme grégarité (croire et faire comme la majorité parait rassurant).
Mais les "grands" intérêts économiques savent manipuler ces peurs, pour que l’irrationalité des fantassins (le peuple), qui agissent finalement contre leur propre intérêt, masque une rationalité certaine des dirigeants qui poussent à ces guerres. Ainsi, il ne doit pas manquer de "capitalistes allemands" qui ont bien profité de la guerre de 1939-45 et de "capitalistes américains" qui ont bien profité de celle du Vietnam.
Enfin, s’il est vrai qu’on peut faire beaucoup de business en temps de paix, il ne faut pas oublier qu’on n’est pas "toutes choses égales par ailleurs" dans une paix d’AVANT et dans une paix d’APRES une guerre (ou une dictature).
Ainsi, c’est une évidence qu’après de graves destructions, la situation est plus propice aux affaires de reconstruction qu’avant. De même, si les "Chicago boys" ont soutenu Pinochet, ce n’était pas pour le laisser au pouvoir éternellement, mais seulement le temps de créer des conditions plus favorables au libéralisme mondialisé qu’avant la dictature (par l’éradication de l’idéal communiste et la destruction des structures de solidarité populaire).
L’espoir de Jean Bricmont pour la Palestine est que beaucoup de juifs et d’américains non juifs s’aperçoivent un jour que leur simple intérêt pour "maximiser leurs fortunes" n’est peut-être pas de poursuivre cette guerre permanente. Mais l’irrationalité mystique (la "Terre promise" aux descendants des Khazars et Berbères convertis) est tenace, et il y a tout de même de réels intérêts économiques derrière (du "complexe militaro-industriel" ou ne serait-ce que pour pouvoir disposer d’un paradis fiscal).