A la lecture des commentaires dans ce fil de discussions, et comme dans bien d’autres en relation avec les élections européennes, on peut noter deux erreurs importantes : une erreur fondamentale et une erreur d’appréciation.
L’erreur fondamentale est que beaucoup confondent encore élections et votations, élire et voter.
Pour comprendre cette distinction, révisez votre Etienne Chouard.
Elire c’est désigner des représentants qui vont voter, par exemple des lois, à notre place.
C’est donc un transfert de pouvoir, une perte de souveraineté populaire et donc ce qui est à rejeter a priori est l’élection et non la votation.
L’erreur d’appréciation concerne justement ce supposé transfert de pouvoir alors que le cœur nucléaire est tout autre.
Les élections européennes sont censées désigner des représentants, donc des députés au Parlement Européen. Or ce parlement n’a quasi pas de pouvoir, celui-ci étant majoritairement entre les mains de la Commission Européenne non élue.
Ce sont donc des « élections pour rire » car les députés européens n’ont pas de pouvoir.
Faut-il pour autant s’abstenir comme cela pourrait se concevoir éventuellement lors d’élections classiques ?
Non, évidemment. Et pourquoi donc ?
S’abstenir, au-delà d’une certaine satisfaction personnelle c’est faire le jeu du pouvoir : « Qui ne dit mot consent ». C’est faire également monter le pourcentage de la liste LReM, mécaniquement, mathématiquement.
Là il ne s’agit plus de pouvoir mais de com’. Dans la guerre hybride qui se déroule, la com’ est une arme redoutable. Imaginez la liste LReM bénéficiant d’un fort pourcentage, pire qu’elle soit en tête. Le pouvoir en place déjà en roue libre prendra cela pour un plébiscite. Que pensez-vous qu’il adviendra par la suite ? Une dictature décomplexée.
Alors votez pour qui vous voulez sauf la liste LReM mais votez que diable ! Faites en sorte que le pouvoir se prenne un camouflet historique !