La méthode Trump contre les "Orlando" : "une balle entre les deux yeux"
19 juin 2016 20:05, par Maxime
Voulant me faire une opinion sur le "phénomène" Trump sans distorsion médiatique, j’ai acquis son livre qui vient d’être publié en français aux éditions du Rocher.
Je n’en suis qu’à la moitié mais, pour le moment, mon opinion est assez mitigée.
Manifestement, il est le candidat du peuple contre l’establishment. Même s’il possède des milliards, il associe un souci patent de mettre en œuvre des politiques sociales avec la conviction que la concurrence libérale est fondamentalement efficace. Il tente l’équilibre entre les deux, par conviction probablement mais aussi sans doute pour ne pas s’aliéner les électeurs républicains, très attachés à la libre entreprise et au confinement de l’action étatique. Il évoque néanmoins la nécessité de refondre le code fiscal fédéral afin d’imposer bien davantage les hauts revenus.
Sur les armes, il y est très clairement favorable mais après tout, comme une majorité d’américains qui restent toujours méfiants à l’idée de confier définitivement les clés de la violence légitime à l’État (cf, H.D.Thoreau, Traité de la désobéissance civile).
Mais tout ceci reste de la politique intérieure. Sur le plan de la politique étrangère, il est très clairement pro-israelien et très hostile à l’Iran. Mais ne pas oublier l’importante composante de la droite évangélique chez les Républicains. Il désigne très clairement l’Etat islamique comme l’ennemi à abattre et la Chine comme l’adversaire économique. À ce sujet, il affirme qu’il faut en finir avec "ces pays qui dévaluent leur monnaie pour un oui ou pour un non". J’ai du mal à voir comment il compte s’y prendre. Certes la Chine a besoin du marché américain pour sa croissance. Mais les Chinois détiennent une part importante de la dette américaine. La menace de sanction risque d’être inefficace.
Bref, si beaucoup de choses sont intéressantes (protectionnisme, hostilité au Tafta, détente avec la Russie...), j’admets que je suis nuancé sur l’intérêt pour la France que Trump soit élu. Ce sera toujours mieux que Clinton quoi qu’il en soit.
Affaire à suivre