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Saddam Hussein est mort, son message demeure

Il y a 10 ans, l’ex-président irakien était pendu – Entretien avec Gilles Munier (republication)

Note de la Rédaction

Il y a dix ans, le 30 décembre 2006, l’ex-président irakien Saddam Hussein était pendu par les Américains et leurs supplétifs, trois ans après sa capture.

Pour que nos lecteurs prennent connaissance de ce personnage important et de son histoire, assez méconnue des jeunes générations, nous republions aujourd’hui cet entretien avec Gilles Munier, spécialiste de l’Irak et du Moyen-Orient, réalisé en janvier 2007 et initialement mis en ligne sur E&R en janvier 2008.

Propos recueillis le 3 février 2007 par que-faire.info.

 

Saddam Hussein était avant tout un militant puis un dirigeant du parti Baas. Selon vous, quelle trace laissera-t-il dans l’histoire tourmentée du nationalisme arabe ?

Gilles Munier : Saddam Hussein a été, avec Gamal Abdel Nasser, un des personnages clés d’un cycle historique commencé avec la nationalisation du canal de Suez le 26 juillet 1956. C’est le père de l’Irak moderne, un révolutionnaire qui avait les moyens de ses ambitions et qui les réalisait. Avec lui, l’Irak s’est développé au point de devenir un exemple dangereux pour les États-Unis et Israël. C’est son principal crime, la cause du renversement du régime baasiste.

Saddam Hussein laissera la trace d’un président qui a cherché à redonner à la Mésopotamie sa splendeur d’antan, à faire de Bagdad le phare du monde arabe. Il est mort au combat, mais qu’on ne s’y trompe pas : sa disparition ne fait pas disparaître son message.

 

Comment expliquez-vous que l’idée même de limiter l’éclatement étatique des Arabes ait échoué au Moyen-Orient ?

Les accords secrets Sykes-Picot, signés en 1916, n’avaient pas simplement pour but de partager le Proche-Orient entre la France et la Grande-Bretagne. Un de ses objectifs était d’empêcher les Arabes de s’unir en un seul royaume voire, plus tard, en une fédération ou en un seul État.

En créant des États ou des Émirats avec des frontières dessinées pour être la source de conflits à répétition, en manipulant des minorités ethniques ou religieuses, en organisant des coups d’États, les grandes puissances ont neutralisé dans l’œuf la plupart des tentatives d’union. Les désaccords idéologiques entre régimes et les problèmes de personnes ont fait le reste.

Finalement, la République arabe unie (RAU) fondée en 1958 par le président Nasser et Michel Aflak, qui se voulait l’amorce de la grande fédération dont rêvent les Arabes depuis la fin du Califat, demeure un modèle pour les générations futures, malgré son échec.

 

Beaucoup de militants de gauche très hostiles aux guerres américaines contre l’Irak ont souvent rappelé que Saddam Hussein était aussi un « tueur de communistes ». Qu’en est-il au juste ?

On pourrait aussi dire que les chefs communistes irakiens étaient des « tueurs de baasistes »… et ils le sont encore, du moins ceux du PCI qui participent à la chasse aux résistants et aux tueries actuelles !

En Irak, entre 1958 et 1963, le parti communiste était le grand concurrent du parti Baas. C’était à qui s’emparerait du pouvoir le premier, et cela passait généralement par l’élimination physique de l’adversaire.

Le nombre des morts dans les rangs du PCI n’a pas empêché ce parti de s’allier au Baas après le Révolution de juillet 1968. Il serait resté au gouvernement s’il n’avait pas fomenté ensuite un coup d’État militaire. La répression qui a suivi a fait de nombreuses victimes, mais de là à présenter Saddam Hussein comme « tueur de communistes », c’est réducteur et exagéré.

Saddam Hussein et ses compagnons n’acceptaient pas la remise en cause des acquis de la révolution et de l’unité du pays. En s’alliant à des pays qui voulaient déstabiliser l’Irak – les États-Unis, Israël, l’Iran – les chefs communistes, les féodaux kurdes, ou les obscurantistes religieux, menaçaient les deux. Ils savaient ce qu’ils risquaient. S’ils l’avaient emporté, ils auraient massacré leurs adversaires, comme le font aujourd’hui les escadrons de la mort.

 

 

Avant l’invasion du Koweït, Saddam Hussein était le meilleur ami de l’Occident. Eut-il le sentiment d’être manipulé ? A-t-il regretté a posteriori l’attaque de l’Iran ?

Saddam Hussein était surtout « l’ami » de la France et de l’Union soviétique, pas des États-Unis, qui lui reprochaient son soutien à la cause palestinienne. Les relations américano-irakiennes ne se sont améliorées qu’après l’arrivée au pouvoir de l’ayatollah Khomeini et la prise d’otage de l’ambassade US à Téhéran. Cela s’est traduit au plan militaire, semble-t-il, par l’accès à certains gaz de combat et à des armes chimiques. Des hélicoptères nécessaires à leur utilisation auraient été livrés.

Les États-Unis n’ont jamais été vraiment en odeur de sainteté à Bagdad. À ma connaissance, les Irakiens ne leur ont pas acheté de chars, de canons, de fusils d’assaut, ni des missiles ou des avions de chasse. En Irak, la grande majorité des armes étaient russes ou françaises. En Iran, elles étaient américaines. L’après-vente était assuré par des voies détournées.

En revanche, les services de renseignements US communiquaient des photos satellite des positions iraniennes à l’état-major irakien. On disait à l’époque à Bagdad qu’il fallait les prendre avec des pincettes car elles étaient parfois trafiquées pour attirer l’armée irakienne dans des pièges. Cela explique, paraît-il, l’occupation de la presqu’île de Fao par les Pasdarans.

La guerre Iran-Irak était inéluctable. Les régimes au pouvoir dans les deux pays étaient inconciliables. L’ayatollah Khomeini voulait « libérer » Nadjaf et Kerballa. Saddam ne voulait pas d’un régime islamique de type safavide à Téhéran, c’est-à-dire se réclamant d’un courant sectaire persan qui a détourné le chiisme originel.

Les Occidentaux ont soutenu l’Irak tant que c’était leur politique. François Mitterrand, par exemple, craignait que l’influence iranienne s’étende jusqu’au Maghreb et dans les banlieues françaises ! Les armes livrées et les crédits ouverts n’étaient pas gratuits, mais remboursables avec intérêts. Puis, lorsqu’il est apparu que l’Irak gagnait la guerre, il a eu l’Irangate et l’affaire Luchère, c’est-à-dire des livraisons secrètes d’armes américaines et françaises à l’Iran. C’était l’amorce du retournement d’alliance de 1990…

Je ne crois pas que Saddam Hussein ait été manipulé, ni qu’il ait regretté d’avoir mis fin à la menace iranienne. Il n’avait pas d’autre choix. Cela n’a d’ailleurs pas suffit : depuis avril 2003, l’Iran est de retour en Irak avec Al-Dawa et les Brigades Badr. Il ne faut pas s’étonner si le Président irakien a appelé à la résistance contre l’invasion iranienne juste avant sa pendaison.

 

Après 1991, Saddam Hussein apparaît en Occident comme un tyran démoniaque et sanguinaire. Selon vous, son régime tout oriental fut-il plus ou moins brutal que les pays voisins ?

Tout est relatif. En Jordanie, il y a eu le massacre dit de Septembre noir en 1970. Les commandos bédouins fidèles au roi Hussein ont « nettoyé » les camps palestiniens et certains quartiers d’Amman à l’arme blanche. En Syrie, en 1982, il y a eu le massacre de Hama. Au Liban, la même année, celui du camp de Sabra et Chatila. En Iran, la Révolution islamique a fait des milliers de victimes, etc., etc.

Le régime baasiste n’était pas plus violent que ses voisins. Il l’était moins que ne le sont les États-Unis en Irak. Certes, les régimes révolutionnaires n’y vont jamais de main morte, mais ce n’est pas une raison pour prendre les féodaux kurdes irakiens et les militants d’Al-Dawa pour des démocrates. Au pouvoir, ils font ce qu’ils reprochent à leurs ennemis.

Pourquoi se focalise-t-on sur les brutalités exercées dans des pays étrangers, de préférence par des Arabes, des Asiatiques ou des Africains ? Les Anglais ont utilisé des gaz de combat contre les Kurdes ; les Américains des armes interdites au Vietnam et en Irak ; les Israéliens massacrent les Palestiniens depuis 1948 et ont bombardé le Liban avec des bombes à fragmentation. En France, nous n’avons pas non plus de leçon à donner. Il suffit de se souvenir de ce qui s’est passé à Madagascar et en Algérie.

 

Pour être clair, que peut-on dire de sérieux des accusations qui reviennent le plus souvent (utilisation de gaz contre l’armée iranienne et les civils kurdes) ?

La guerre Iran-Irak a été, notamment, une guerre des gaz. L’Iran en a utilisé en Arabistan à Mouhammara (baptisé Khoramshar par les Perses) et à Halabja. L’Irak en a utilisé chaque fois que des offensives massives perçaient ses lignes. Des civils en ont fait les frais, malheureusement. Pour être crédible, approcher la vérité, porter un jugement définitif, il faut tout mettre sur la table.

On attend toujours que les services secrets occidentaux disent qui gazait qui, quand et avec quoi. Il faut qu’ils désignent les hommes politiques qui ont autorisé des entreprises à vendre les produits chimiques nécessaires à leur fabrication, dire où ont été formés les militaires qui les utilisaient.

Ceux qui accusent encore le président irakien de tous les maux devraient changer de disque. Pourquoi n’enquêtent-ils pas sur le rôle joué par l’Iran, George Bush père, Donald Rumsfeld ou Jalal Talabani dans l’affaire de Halabja ? Ils sont mouillés jusqu’au cou.

 

Que répondez-vous à ceux qui pensent que son régime est devenu, au fil du temps, de plus en plus personnel et clanique et de moins en moins baasiste ?

Là encore, il faut faire la part de l’intox et des nécessités. L’exercice du pouvoir n’est pas le même partout. Il dépend de l’histoire d’un pays, de sa société, de sa culture. L’Irak a été en guerre depuis le début des années 80. Il est normal que le pouvoir y ait été concentré autour du chef de l’État. Cela a ses avantages sur le plan sécuritaire, mais aussi ses inconvénients. Je ne citerai que le poids croissant des courtisans, des opportunistes qui faisaient barrage dès qu’une information adressée au Président ne leur convenait pas.

Le régime n’était pas moins baasiste. Si le parti avait disparu, Saddam n’aurait pas pu résister pendant les 13 ans d’embargo, ni préparer le pays à résister. Personne ne dit que la majorité des dirigeants représentés sur le jeu de cartes de Rumsfeld étaient chiites, pas tikritis. Aujourd’hui, si la résistance est encadrée par des baasistes, c’est bien parce que le parti existait en 2003 et qu’il était représenté dans toutes les couches de la société.

 

 

On fait souvent crédit à Saddam Hussein d’avoir garanti des droits réels aux chrétiens et aux Irakiennes. Qu’en était-il après 1991 quand son discours s’est « islamisé » (construction de mosquées, islamisation du Baas, polygamie davantage tolérée, etc.) ?

Des droits normaux n’étaient pas seulement garantis aux chrétiens, mais à toutes les communautés religieuses et elles sont nombreuses. Avec la guerre Iran-Irak, et surtout durant la tragédie de l’embargo, le poids de la religion s’est accru dans la société, chez les musulmans, les chrétiens des églises orientales ou non, chez les Yézidis, les Shabaks, etc. Les confréries soufis se sont développées. De petits groupes wahhabites se sont constitués. Les Frères musulmans ont repris leurs activités, discrètement.

Les femmes ont surtout pâti de l’embargo qui a fait régresser la société. Il ne faut pas mettre en cause l’islam mais le blocus. Leur situation était néanmoins meilleure que dans certains pays voisins et un rêve comparé à leur sort quotidien depuis avril 2003.

Le parti Baas n’est pas un parti laïc au sens où on comprend ce mot en Occident. Son fondateur Michel Aflak disait que l’islam était la meilleure expression du désir d’éternité et d’universalité de la nation arabe et qu’arabisme et l’islam ne pouvaient être antagonistes. Après 1991, on n’a pas seulement construit des mosquées, mais aussi des églises. Des aides substantielles ont été accordées à toutes les communautés religieuses, y compris bien sûr aux juifs irakiens.

 

Très jeune, Saddam Hussein fit preuve de courage et de dévouement à la cause baasiste. D’après vous, le courage était-il sa seule qualité ?

Il était courageux, sa fin l’a encore démontré. Il était intelligent, pragmatique, déterminé, juste, à l’écoute de son peuple. Il préférait régler les crises par la négociation, sans que personne ne perde la face. Sinon, comment aurait-il pu tenir si longtemps au pouvoir ? Les Irakiens ont toujours détenu des armes chez eux, s’ils avaient été mécontents, ils s’en seraient servi contre lui, comme ils le font pour se débarrasser des dirigeants actuels.

 

Vous avez rencontré cinq fois l’ex-président irakien : que pouvez-vous nous dire de sa personnalité ?

C’est un honneur pour moi de l’avoir rencontré. Quand on se retrouve devant un homme adulé par les uns, décrié par d’autres, diabolisé à l’excès, on est troublé. Lors de ma première audience, je m’attendais à découvrir une sorte de roi mésopotamien, un calife. Il était debout au milieu de la pièce, souriant, une lueur de malice dans les yeux. Ce qui m’a le plus impressionné, c’est sa simplicité. Je l’ai revu l’année suivante en compagnie d’une vingtaine de villageois kurdes. Il consacrait un temps infini à écouter leurs doléances et y répondait franchement, sans fioriture.

 

Quelles relations avait-il avec ses fils ? Voulait-il en faire les futurs maîtres de l’Irak (comme Hafez al-Assad avec Bachar) ?

Les relations entre le Président et son fils aîné Oudaï, ont été parfois houleuses. Il l’a fait arrêter et l’a exilé chez son oncle Barzan, alors ambassadeur auprès des Nations unies à Genève. Qussaï, son second fils, était secret. On dit que son père l’appréciait. Il lui avait confié des responsabilités importantes. Et puis, il y a aussi Ali, un troisième fils toujours vivant, dont on n’a jamais beaucoup parlé.

Oudaï et Qussaï – et le fils de ce dernier Mustapha, âgé de 14 ans – sont morts courageusement à Mossoul dans le siège de la maison par les forces spéciales américaines. Tout ce que certains Irakiens pouvait leur reprocher a été effacé par le courage qu’ils ont manifesté ce jour-là.

En 2003, l’heure de la retraite n’avait pas sonnée pour Saddam et il n’y avait pas de n°2 officiel. Ce n’est pas parce que Hafez al-Assad a choisi son fils pour lui succéder qu’il en aurait été de même en Irak. Pour qu’Oudaï ou que Qussaï lui succède, il aurait fallu que la Direction régionale du parti leur fasse allégeance. Ce n’était pas gagné d’avance.

 

Aujourd’hui la fille de Saddam Hussein poursuit-elle une carrière politique ?

Raghad a du charisme et de l’influence. Pour l’instant, elle ne s’est occupée que de la défense de son père. Le bruit court qu’elle veut unifier la résistance autour de son nom, mais en Jordanie, où elle réside, sa marge de liberté est étroite.

 

Avant l’invasion de 2003 certains affirment que Saddam Hussein écrivait. Que savez-vous à ce sujet ?

Oui, il écrivait. Il a continué à écrire dans ses diverses planques après la chute de Bagdad, puis en prison. Il a écrit au moins quatre romans et de très nombreux poèmes qui, j’espère, seront publiés un jour. Sa famille réclame ses mémoires, confisqués par le soi-disant gouvernement irakien.

 

Vous avez préfacé un de ses romans Zabiba et le roi. Pourquoi a-t-il écrit ce livre ?

La traduction en langue française de cet ouvrage, à laquelle j’ai également participé, a permis sa publication au Portugal et au Brésil, en Russie et au Japon. Des contacts étaient pris pour réaliser un film…

Pour moi, Zabiba et le roi, publié sous le pseudonyme « Par son auteur », est un conte philosophique. Il est vraiment prémonitoire, vu ce qui se passe en Irak depuis 2003. Je crois que Saddam Hussein voulait montrer à ses contemporains la façon dont il vivait, ce qui se passait derrière les murs du palais présidentiel : les luttes d’influence, les complots, les traîtrises, etc. Il voulait que ses lecteurs partagent son amour pour un Irak uni et souverain.

 

Vous qui connaissez très bien la culture et la littérature arabe, que pensez-vous des écrits de Saddam Hussein ?

Ses romans ne sont pas des chefs d’œuvre littéraires, mais ils sont pour ceux qui s’intéressent au Proche-Orient – et plus tard pour les historiens – des témoignages qui permettent de décrypter sa pensée, de mieux connaître sa jeunesse et son moi profond.

J’ai lu quelques-uns de ses poèmes. Ceux écrits en prison sont poignants. J’espère qu’ils seront traduits un jour.

 

Alors que l’Irak est au bord du gouffre, comment expliquez-vous l’écart de perception de Saddam Hussein dans les diverses communautés ?

Dans les régions kurdes et chiites, il y a eu des combats et de la répression, mais il ne faut pas oublier que ces foyers de révolte alimentés – voir suscités – par des pays étrangers qui craignaient le développement de l’Irak : l’Iran du Chah et de Khomeini, les États-Unis, Israël. Aucun chef de gouvernement au monde n’aurait toléré de tels agissements.

Il ne faut pas réduire l’Irak à une addition de communautés ethniques ou religieuses, ni croire ce que disent les chefs de milices ou la propagande US. C’est l’opinion de l’Irakien moyen qui compte. Après plus de 20 ans de guerres et d’embargo, il était normal qu’un certain nombre de gens soit persuadé que le renversement du régime débouche sur un règne de paix et d’abondance.

Aujourd’hui, les sondages montrent que la majorité des Irakiens regrette l’époque Saddam, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité.

 

 

Selon vous, qu’est-ce qui a poussé les Américains à faire exécuter Saddam Hussein si vite ?

Pour plusieurs raisons. Le procès dit d’Al-Anfal, au sujet de la guerre au Kurdistan, risquait de déraper. Comme l’a dit dernièrement l’ancien Premier ministre russe Evgueni Primakov, ils l’ont tué pour l’empêcher de parler des relations Irak/États-Unis dans les années 80 et de leur rôle dans cette guerre.

Les Américains espèrent que la disparition de Saddam Hussein va déclencher une lutte pour le pouvoir au sein du parti Baas et provoquer des scissions. Ils voulaient renforcer Nouri Al-Maliki face à la montée en puissance de Moqtada Al-Sadr, prendre ce dernier de vitesse au moment où il négociait avec des partis sunnites la création d’un bloc parlementaire capable de renverser le « gouvernement ».

La décision de pendre Saddam a été prise lors de la visite d’Al-Maliki à Washington, et confirmée lors de celle d’Abdul-Aziz Al-Hakim, chef du Conseil suprême pour une Révolution islamique en Irak. George Bush aurait insisté pour que l’exécution ait lieu avant son discours sur l’état de l’Union. Il avait déjà réclamé que la condamnation à mort du Président irakien soit prononcée avant les élections de mi-mandat en novembre dernier.

Les chefs chiites pro-iraniens craignaient aussi que Saddam Hussein s’évade et revienne au pouvoir ! Ils ont programmé la pendaison le jour sacré de l’Aïd sunnite pour élargir un peu plus le fossé creusé avec les chiites.

 

En tenant compte des mentalités orientales et du passé de l’accusé, que pensez-vous des cris de vengeance proférés avant l’exécution ?

Ce lynchage n’est pas seulement l’acte de vengeance d’un groupe terroriste. C’est aussi une opération de basse politique intérieure chiite. Les cris « Moqtaqa…Moqtada… » ont été poussés, semble-t-il, par des membres des Brigades Badr ou d’Al-Dawa. L’organisateur en chef de l’exécution – y compris de la vidéo pirate – est Mouafak Al-Roubaï, dirigeant d’Al-Dawa et inamovible directeur du Conseil de sécurité irakien. C’est l’homme des Américains par excellence. Ce serait lui qui aurait fait courir le bruit que Moqtada Sadr était le bourreau qui passait la corde autour du cou de Saddam Hussein.

Moqtada a démenti l’information dans une interview accordée au quotidien italien La Repubblica. Il n’était pas là. Il affirme qu’on l’aurait assassiné s’il y avait été présent. Il accuse ceux qui ont crié son nom d’avoir été payés pour le faire, pour le brouiller avec les sunnites. Il ajoute que s’il avait été chargé de l’exécution de Saddam Hussein… il l’aurait pendu en public. Saura-t-on un jour ce qui s’est réellement passé le 30 décembre ?

En tout cas, la vengeance appelant la vengeance, je ne donne pas chère de la peau de ceux qui ont commis ce crime.

S’inspirer des dirigeants non-alignés
avec Kontre Kulture :

 

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  • #1633889
    Le 30 décembre 2016 à 16:26 par Str
    Saddam Hussein est mort, son message demeure

    De la part de tous les algériens, merci Gilles Munier.

     

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  • #1633927
    Le 30 décembre 2016 à 17:45 par Révolutionnaire khoméiniste
    Saddam Hussein est mort, son message demeure

    L’Iran en a utilisé en Arabistan à Mouhammara (baptisé Khoramshar par les Perses)




    Absolument faux. L’Iran n’a jamais utilisé d’armes chimiques au cours du conflit, et a fortiori à Khorramshahr. L’"Arabistan" n’existe pas, la province du Khouzestan est iranienne depuis la nuit des temps, majoritairement peuplée d’iranophones, la minorité arabe y étant d’immigration plus récente.



    On attend toujours que les services secrets occidentaux disent qui gazait qui, quand et avec quoi. Il faut qu’ils désignent les hommes politiques qui ont autorisé des entreprises à vendre les produits chimiques nécessaires à leur fabrication, dire où ont été formés les militaires qui les utilisaient.




    On en sait déjà pas mal, il suffit de chercher. Oui, la collusion entre Saddam et les puissances occidentales n’est plus à démontrer, notament pour ce qui est des bombardements chimiques contre l’Iran.

    D’ailleurs, une ONG suédoise est allé mener des enquêtes sur place, sous l’égide de l’ONU, pour vérifier les allégations des uns et des autres, et sa conclusion fut sans équivoque : l’Irak fit un usage massif d’armes prohibées, tandis qu’il n’y a aucune preuve que l’Iran ait fait de même. Nous avons des milliers de photographies de victimes d’attaques chimiques en Iran, où sont les équivalents coté irakien ? Cela ne sert à rien de vouloir de nier l’évidence.

    Ensuite, que pensez-vous du fait que les Etats-Unis opposèrent leur véto à une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU visant à condamner l’usage d’ADM par Saddam ?



    Pourquoi n’enquêtent-ils pas sur le rôle joué par l’Iran, George Bush père, Donald Rumsfeld ou Jalal Talabani dans l’affaire de Halabja ?




    Les sources prétendant que les attaques au gaz contre de Halabja furent menées par l’Iran, sont d’abord israeliennes ! Elles sont dénuées de sens : les Pasdaran se trouvaient à Halabja au moment de l’attaque, et il n’existe pas plus de preuve pour l’utilisation supposée d’ADM par l’Iran ailleurs dans le conflit. Donc penser que l’Iran a bombardé Halabja est stupide !



    Saddam ne voulait pas d’un régime islamique de type safavide à Téhéran, c’est-à-dire se réclamant d’un courant sectaire persan qui a détourné le chiisme originel.




    Le chiisme tel que pratiqué en Iran ne diffère en rien du tout, sur le plan religieux, à celui que pratiquent les populations irakiennes, et ne se réclame pas de "la Perse".

    Merci de ne pas censurer ce message qui respecte les règles du site.

     

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  • #1633931
    Le 30 décembre 2016 à 17:52 par Brindavoine
    Saddam Hussein est mort, son message demeure

    Comme Kadhafi plus tard Saddam avait, grâce aux hydrocarbures, modernisé son pays et apporté une certaine prospérité . C’était insupportable pour les sionistes qui ont détruit leurs pays , tué leurs dirigeants et bien sûr, VOLE les hydrocarbures .

     

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  • #1633941
    Le 30 décembre 2016 à 18:17 par lemondereel
    Saddam Hussein est mort, son message demeure

    J’ai des anecdotes pour la génération actuelle qui ont peu connu cette guerre :
    le nom ’tempête du désert " fut trouvé par une agence de publicité la même qui trouve des noms pour de la lessive (c’est le pentagone qui était le client )
    Quand l’armée us était arrivé en Irak , affirmait que c’était pour délivrer le peuple , la première chose qui sont fait en entrant fut de libéré le ...ministère du pétrole !
    Si l’armée us a gagné c’est aussi grace aux média tv , la tv us diffusait en boucle les manœuvres , le tout combiné avec des avions us qui indiquaient d’où tiraient les irakiens , l’état major de ces derniers croyait qu’ils étaient plus nombreux.
    L’arme de destruction massive ? Un mensonge ; heureusement qu’il n’y avait de détecteur de mensonge à l’ONU , il aurait finit carbonisé .

     

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    • #1634234
      Le Décembre 2016 à 04:19 par Grz
      Saddam Hussein est mort, son message demeure

      Notons que cette guerre a aussi été la première guerre véritablement médiatique, avec de nombreux journalistes "embedded", c’est à dire inclus dans les unités militaires pour filmer les combats au plus près.
      Le tout ressemblait à une mise en scène hollywoodienne et a coïncidé avec le début de la fin des grands reporters, qui se sont ensuite de plus en plus fait tirer comme des pigeons, puisque considérés soit comme des agents de propagande, soit comme des espions / commandos déguisés.
      L’Occident a mis les journalistes, normalement au service de la paix, au service de la guerre et aujourd’hui, vous aurez bien du mal à trouver un "grand reporter" vivant qui ne soit pas en fait un agent des services ou une vulgaire marionnette de propagande.

       
  • #1633962
    Le 30 décembre 2016 à 18:48 par kbouadi
    Saddam Hussein est mort, son message demeure

    Un lanceur de guerre est lanceur de guerre ..la verite c’est que Saddam, a lancer une guerre contre l’iran en marchant dans les combines et les chimeres laico-sionisantes.
    Tout a ete fait pour demarrer un conflit sectaire avec la guerre Iran Irak. Quand on sait que detruire ces deux pays faisait partie des plans sioniste pour les decennies 80/90 on comprends mieux.
    Il a marche dans le piege ..ses arguements pour declarer la guerre etaient bien leger, aucun casus beli, les mains vides ! juste des incitations americaines et surtout Saoudo-sionistes.
    Son regime laique a friquoter avec les regimes occidentaux et sionistes et il en a payer le prix.
    Maintenant qui a executer Saddam, qui a lancer "moqtada", les objectifs sont evidents ; creuser le fossee et le sectarisme ...qui en profite ...ni lirak, ni liran ...
    Les musulmans de la regions seraient bien avises, de faire table rase du passe et renouer avec la fraternite musulmanne ...pour dejouer les complots

     

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  • #1633971
    Le 30 décembre 2016 à 19:02 par Benoit
    Saddam Hussein est mort, son message demeure

    Un communiqué israélien à ne jamais oublier, publié peu de temps après la fin de la guerre Iran Irak
    " Nous nous inquiétons de l’expérience acquise par l’Irak dans sa guerre contre l’Iran".

    Le départ de tout.

     

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  • #1634078
    Le 30 décembre 2016 à 21:35 par Clovis
    Saddam Hussein est mort, son message demeure

    Saddam Hussein a prononcé le nom de Dieu avant de mourir, c’est la perfection de la vie.

     

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    • #1634511
      Le Décembre 2016 à 16:24 par Nabil
      Saddam Hussein est mort, son message demeure

      Comme arguments pour défendre le tyran c’est du lourd !

       
    • #1634546
      Le Décembre 2016 à 17:07 par Str
      Saddam Hussein est mort, son message demeure

      Lol un tyran... t’as bien appris ta leçon sur TF1 ( à l’époque BFM n’existait pas).

       
    • #1634675
      Le Décembre 2016 à 19:46 par Kissel
      Saddam Hussein est mort, son message demeure

      Saddam était un grand dirigeant arabe qui a permis à l’Irak de se développer et d’être stable, un peu à la Poutine avec la Russie aujourd’hui. MAIS ! il faut garder à l’esprit qu’il était dur, qu’il était violent pour peu et tapait dans la coke. Certes les peuples arabes ont une autre mentalité et peut être qu’ils ont besoin de chef très autoritaire (comme Hassan 2, Khadafi...). Mais parfois ca vire à l’abus : un ami irakien m’a raconté qu’une fois des hommes de l’autorité sont venus dans une école pour demander aux petits enfants ce que faisaient leurs parents quand ils voyaient le Reis à la télévision. Un des enfants à répondu que "son père crachait sur la télévision", malheur ! malheur ! Ils ont été cherché le père pour interrogatoire et on ne l’a jamais revu... Certes il y avait des choses qui n’allait pas mais leur pays était stable, pas de terrorisme, ils mangeait à leur faim, vivaient en sécurité. Les américains ont enlevé un simple poil incarné avec un scalpel et ont tout détruit. J’aime bien Saddam de loin vu le contexte de cette région du monde mais je n’ai jamais vécu en Irak donc en fait je change d’avis et je me dis que "je ne sais pas". Ce qui est sur et certain, c’est que la guerre américaine était la chose à surtout pas faire.

       
    • #1634679
      Le Décembre 2016 à 19:48 par Hussin
      Saddam Hussein est mort, son message demeure

      @st, moi je ne suis pa tf1 ni les merdias en général mais ne croit pas que saddam Hussein était un saint n’oublie pas qu’il a été manipule par les USA et l’Arabie saoudite pour attaquer l’Iran et qu il a été soutenu par les mujahidine khalk marxistes iraniens qui aujourd’hui sont aidés par bhl et toute la clique sioniste mondiale,donc au lieu d’accuser Nabil d’ignorant toi fais aussi un effort d informations et dis toi bien une chose tous le monde ne suis pas CNN ou al jazira ou la boite à merde TF1.et ce munier raconte beaucoup de contre vérités et très ignare sur le chiite en particulier et lislam en général. Sa première erreur est d’avoir attaqué la RII et d’ailiers son premier ministre chrétien Tarek Aziz l a reconnue plus tard. On peut en discuter autour d’un pot si tu veux,j’ai suivi les Evenements à cet époque. Bonne année à tous et le combat continue en 2017.huss

       
  • #1634096
    Le 30 décembre 2016 à 21:58 par Abdu
    Saddam Hussein est mort, son message demeure

    « Ils ont programmé la pendaison le jour sacré de l’Aïd sunnite pour élargir un peu plus le fossé creusé avec les chiites. »

    L’Aïd el-Kebir est une fête musulmane, et non sunnite ou chiite. Décrétée comme telle pendant la Révélation. Elle est donc antérieure à la dialectique [mutazilisme][chiisme]/[asharisme][sunnisme] et à la confrontation entre Ibn Hanbal et les mutazilites. - on croit, et Domnique Urvoy a eu raison de faire la remarque, que le chiisme vient après le sunnisme, alors que c’est faux. L’unité du mot ne garantit pas l’unité de la chose disait Nietzsche. Observation que le monde apparent, sensible, vrai, montre fréquemment. Ce n’est pas parce que le wahhabisme se présente comme hanbalite, ou qu’un Anglo-Saxon, un non méditerranéen, se présente comme chrétien, que c’est inconditionnellement vrai !

    L’Irak, c’est spécial. Cela a toujours été très spécial. Ses dialogues avec Dieu sont celle d’un monologue l’exécrant continuellement... La marotte d’Ibn Al-Rawandi, c’était Dieu, toujours Lui.

     

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  • #1634196
    Le 31 décembre 2016 à 01:24 par Georges 4bitbol
    Saddam Hussein est mort, son message demeure

    Force de la propagande atlantiste qui nous a fait passer Sadam Hussein pour un dictateur, comme Khadafi ou Bachar al Assad…-ça pose aussi question pour le moustachu démocratiquement élu en 33.. Ce qui est formidable c’est quand la propagande et ses merdias tuent par excès la propagande et ses merdias.

     

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  • #1634482
    Le 31 décembre 2016 à 15:50 par Lecteur
    Saddam Hussein est mort, son message demeure

    Quand on pense à ce pauvre Sadam Hussein , 30 ans d’embargo ,
    puis des révolutions et rébellions orchestrées par des pays étrangers ,
    pour qu’il devienne aux yeux du monde un dictateur , c’est une méthode
    radicale pour la propagande de dénigrement aux yeux du monde et
    après la suite ont l’a connaît....

    Ils ont détruit ce pays qui est en guerre depuis leur forfaiture ,
    les djihadistes et bandes rebelles se livrent des batailles barbares
    et les pauvres civiles sont laissés pour compte au milieu de cette jungle ,
    combien tout ça a engendré de morts.... ? beaucoup....

    La malchance de Sadam , c’est qu’ils l’ont volontairement brouillé avec
    son voisin l’Iran , ruinés par cette guerre et sans l’aide des Russes
    qui n’étaient pas en état à l’époque pour intervenir , ils n’ont pas eut
    la même chance que la Syrie , le terrain était préparer pour leur
    intervention militaire sur des raisons totalement fausses....

    l’Irak , la Libye ont subit les mêmes méthodes des mêmes
    pays étrangers (impérialistes et sionistes)mais ils n’ont pas eut
    la même chance ;

    J’espère que le Syrie , la Libye , le Yémen , le soudan arriveront à
    trouver une solution de paix le plus vite possible .

    J’espère aussi qu’avec l’élection de Trump que ces ingérences ,
    ces guerres vont définitivement prendre fin , il faut aussi qu’en
    France soit élu président(e) non soumis(e) à l’oligarchie financière
    et mondialiste pour avoir un appui suffisant avec l’élection Trump .

     

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    • #1634541
      Le Décembre 2016 à 17:06 par Str
      Saddam Hussein est mort, son message demeure

      Le Soudan a abdiqué. Ils ont préféré permettre la création d’un Sud Soudan.

       
    • #1634697
      Le Décembre 2016 à 20:13 par La " fabrique" de l’histoire
      Saddam Hussein est mort, son message demeure

      Je pense souvent à Sadam Hussein et à la façon indigne et inhumaine dont la force obscure a traité ce Chef d’état et son peuple .
      Mais tout se paie un jour et je ne donne pas 10 ans pour que l’honneur de cet homme soit remis à jour et que les magouilles de l’Empire soient dénoncées sur toute la planète .

       
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