Les dernières révélations d’Edward Snowden ont montré l’ampleur du dispositif du renseignement britannique. Les trois chefs des principales agences secrètes du Royaume-Uni accusent le lanceur d’alerte de mettre en péril nombre d’opérations secrètes.
Les espions de la couronne britannique n’ont rien à envier aux services de renseignements américains. D’après les nouveaux documents fournis par Edward Snowden au Guardian, les "Grandes oreilles" britanniques seraient même "pires" que la NSA, l’agence de sécurité américaine.
Le "Doughnut" financé par la NSA
Moins connu que le MI5 et le MI6, le très secret Government Communications Headquarters (GCHQ), est l’un des principaux acteurs d’écoute massive des télécommunications dans le monde, selon le quotidien The Guardian, citant des documents rendus publics par Edward Snowden.
Surnommé le "Doughnut" en raison de la forme circulaire de son bâtiment, le GCHQ, basé à Cheltenham, dans le sud-ouest de l’Angleterre, traiterait environ 600 millions de conversations téléphoniques par jour. Une impresionnante ,qui emploie 5 500 personnes. "C’est en gros dix fois moins que la NSA, et deux fois plus que les capacités techniques françaises", explique Éric Dénécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).
Autre révélation, les services de l’agence de sécurité américaine (NSA) entretiennent une "relation spéciale" avec le GCHQ, toujours d’après les documents fournis par le lanceur d’alerte. La NSA a même financé son homologue britannique à hauteur de 100 millions de livres, soit environ 118 millions d’euros, au cours des trois dernières années. "Nous avons les cerveaux, ils (les Américains) ont l’argent", a confirmé David Omand, l’ancien directeur du GCHQ, dans une récente interview, appelant les Britanniques à "être fiers de cette collaboration".
Les "5 eyes"
Et cette étroite collaboration ne date pas d’hier. Les deux agences collaborent dans le cadre du réseau UKUSA Alliance, formé en 1948 entre les États-Unis et la Grande-Bretagne. L’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada s’y sont ensuite joints, formant désormais ce qui est appelé "les 5 Eyes" ("les 5 yeux", NDLR).
L’article révèle enfin qu’ il y a un véritable "partage des tâches" entre les services britanniques et américains, selon Éric Dénécé. Une collaboration qui s’est notamment illustrée lors de deux réunions du G20 en 2009 en Grande-Bretagne, au cours desquelles les Américains avaient espionné le président russe Dmitri Medvedev, quand les Britanniques surveillaient les Turcs et les Sud-Africains, selon les documents de Snowden.
Selon l’expert, les Américains se sont chargés de "l’interception de bandes passantes et d’écoutes satellitaires" et les Britanniques se sont occupés des "écoutes au sol" et de "l’interception d’ordinateurs".








et
!

